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mercredi 17 mai 2017

Ministre de l'Intérieur !

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Ça y’est, c’est officiel, Gérard Collomb est ministre.

Et même si ce n'était pas mon pronostic, Ministre d'Etat, de l'Intérieur et premier dans l'ordre protocolaire gouvernemental de surcroit.

C’est une période très particulière, avec des configurations politiques inédites et des enjeux à adresser d’une exceptionnelle gravité. Souhaitons donc à celui qui aura été notre Maire, la réussite dans cette nouvelle responsabilité majeure qu’à la fois ; la période, les configurations et les enjeux exigent et permettent.

Pour Gérard Collomb, cette nomination intervient dans un contexte personnel original.

Tout en étant issu de cette formation, il aura personnellement contribué à l’éviction du Parti Socialiste du pouvoir et à l’accession d’un nouvel ordonnancement politique à travers l’élection d’Emmanuel Macron.
Ce dernier lui reconnait donc aujourd’hui une pleine légitimité gouvernementale, là où les hiérarques et éléphants mittérandiens, jospiniens et hollandiens l’avaient toujours tenu à l’écart.

D’aucuns pourraient y voir l’ultime récompense à un allié politique de la première heure ; le « baron » de province, le puissant élu local, autoritaire et indépendant, qui règne sur ses terres lyonnaises sans partage, sans ouverture et sans concession comme l’a encore démontré le récent « verrouillage à l’ancienne » des investitures législatives macroniennes dans le Rhône.

Ainsi à près de 70 ans et avec 40 ans de vie politique, cela pourrait être ramené à une revanche sur ses « camarades » parisiens de feu le PS voire, si on voulait être acide dans le propos, à un bâton de Maréchal.

Et pourtant…

Cette nomination pourrait aussi constituer une spectaculaire opportunité pour Gérard Collomb d’inscrire sa succession lyonnaise dans la déroutante et nouvelle trajectoire que veut imprimer le nouveau Président de la République aux pratiques politiques françaises.

Trajectoire qui favorise le renouvellement des parcours, des origines, des tempéraments, le rajeunissement et surtout … une volonté de plus large rassemblement à travers une significative ouverture politique.

Une nouvelle partie s’engage avec cette nomination ministérielle, reste à savoir si dans cette dernière distribution, celui qui a les cartes en main va une fois de plus fermer ou enfin ouvrir le jeu à Lyon.

Revendiqué comme un « choc de modernité », le mouvement de fond de réagencement politique trouverait alors une traduction entre Rhône et Saône et – pour le coup – Gérard Collomb se rapprocherait ainsi de la légende d’un « modèle lyonnais » qui veut qu’à Lyon finalement, la modernité soit une tradition.




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vendredi 12 mai 2017

En marche, c'est moi !

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Pourtant « haut lieu » précurseur du macronisme, le court épisode « historique » de l’ouverture politique vient de se clore brutalement à Lyon.
Solliciter un champ politique plus large, tenter de convaincre des opposants ou à défaut profiter de l’occasion pour faire émerger du sang neuf éloigné du champ des pouvoirs en place ; sur l’agglomération lyonnaise, c’est réglé, circulez, il n’y a rien à voir !

Gérard Collomb tel un gérant de supérette a vite ré-étiqueté les produits qu’il met à son étalage pour les législatives en mettant en tête de gondole les denrées qu’il préfère, surtout si ça lui permet de mettre au rebut celles qui n’ont plus sa faveur.

Une jardinerie particulière.

Même s’il affectionne les greffes et les semis dès lors qu’ils végètent sous son ombre, le Maire de Lyon profite de sa position de macronien originel et de son influence pour détourner l’esprit « en marchiste » revendiqué pour les investitures des 11 et 18 juin prochains. Il avance deux nouveaux pions pour dézinguer deux anciens de ses co-listiers qu’il avait mis en avant, promu et soutenus à bout de bras.
Leur crime ?
Avoir été choisis pour être ministres et s’être de fait émancipés de la permanente docilité révérencieuse attendue par leur mentor. Les "Terreaux" de la pépinière politique de Collomb sont donc un endroit où les plantes n’ont pas le droit de pousser.

Collomb ministre ?

Sa position de 1er fan d’Emmanuel Macron pourrait le lui laisser – enfin – envisager.

La difficulté sera d’en définir le portefeuille.

Il a été jusqu’à présent relativement épargné par la presse dans ses actuels mandats voire même objet de curiosité bienveillante par les médias parisiens pour son côté province et jovial et ses quelques « sorties fleuries » à l’attention des socialistes sortants (dont il est et qu’il a néanmoins toujours soutenus).
Son inexpérience nationale conjuguée à sa dimension autocrate et autoritaire seraient très vite une zone de vulnérabilité pour la nouvelle équipe gouvernementale.

Cela écarte l’éventualité d’un ministère trop exposé.

Ministre de la Ville de Lyon ?

Croquée avec humour lors d’une de ses décapantes chroniques matinales par Laurent Gerra, cette hypothèse n’est pas si fantaisiste car elle pourrait justifier une exception aux usages et cumuler Mairie voire la Métropole et une sorte de portefeuille ministériel ad’hoc de « l’aménagement urbano-technico-territorial ».

Au même titre que la pantalonnade des investitures législatives à Lyon, cette « mesure particulière » pourrait s’argumenter au nom de la légende ayant encore cours à Paris selon laquelle le modèle lyonnais a été créé et est incarné par son maire actuel.

Si ce cumul était indéfendable ou qu’on lui propose un portefeuille moins « compatible » comme la Culture, cela pourrait toutefois permettre à Gérard Collomb de faire jouer une fin de match au « remplaçant » Kimelfeld à Lyon.

Sorte de « medvedévisation », cette période permettrait de voir comment cette autre pousse cultivée dans la pépinière Collomb peut – à la fois – résister en plein air et …
ne prend pas trop la lumière non plus.



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lundi 8 mai 2017

Le néant a repoussé le chaos.

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Emmanuel Macron sera donc le 8e Président de la Ve République.

Depuis plus d’un an, les sondages l’avaient annoncé comme vainqueur dans l’hypothèse d’un second tour face à Marine Le Pen.
Il réalise ce soir près de 66 % des suffrages exprimés contre les 61% déjà prévus par sondage (1) il y a déjà plus d’un an, avant même sa déclaration de candidature.

Le suffrage a tranché et confirmé cette récurrente et permanente prévision.

Candidat que pour être élu, il avait annoncé son retrait de la politique en cas de défaite ; il a fait tout ce qu’il fallait pour tirer profit des circonstances et gagner et … il a gagné.

Des circonstances particulières.

Un Président sortant dont le bilan impose la reddition électorale, un Premier Ministre qui déserte pour se démarquer pulvérisé à la primaire de son propre parti et qui poignarde son candidat, une gauche radicalisée qui se divise et s’oppose au point de s’assurer de disparaitre du second tour.

Côté opposition de droite , une primaire qui écrase les candidats dit du renouveau, congédie son chef et humilie le « meilleur » pour sacrer un outsider qui va être désintégré avant même la fin du premier tour.

L'ultime surprise sera non pas la présence de l’extrême droite au second tour – elle était prévisible depuis trois ans et prévue depuis des mois – mais l’étonnante suicidaire explosion médiatique de sa représentante lors du débat télévisé de l’entre-deux tours.

Un positionnement singulier.

De ni gauche – ni droite, s’étant assumé puis renié comme socialiste, fier de ses « réalisations » politiques tout en fuyant la responsabilité d’un gouvernement qu’il a conseillé et au sein duquel il exerçait une fonction clef, ni héritier ni traître de la Hollandie à moins qu’il ne soit la parfaite synthèse des deux ; Emmanuel Macron a développé un discours déroutant de contradictions, fréquemment théâtral et emphatique, approximatif et d’une consistance souvent discutable.

Convaincu d’une victoire acquise par le rejet réflexe – pour l’instant assuré – de l’extrême droite, il ne consent même pas à apaiser sur sa gauche en assouplissant sa posture politique sur le plan social pas plus qu’il ne ressent le besoin d’affirmer des attitudes plus régaliennes en termes de politique intérieure ou extérieure du pays pour rassurer sur sa droite.

Peu importe, il sera élu ce 7 mai car même en tant que « fils caché » de François Hollande, il a aura en face de lui celle qui se sera révélée comme la « vraie fille » de Jean Marie Le Pen.

2002 bis repetita ?

Le choc de 2002 avec la présence surprise Jean Marie Le Pen au second tour ne devait jamais se reproduire.
Tout serait fait pour ne pas créer à nouveau les conditions de divisions politiques et de fragilités économiques permettant la surprise d’un tél séisme.

Pourtant, depuis 2002, en sus de la déliquescence politique, notre dette publique est passée de 59% à 96% de notre PIB, notre balance commerciale de 3,5 milliards d’excédent à 49 milliards de déficit, le chômage est passé de 3,7 à 6,2 millions de demandeurs d’emplois, les emplois précaires se sont accrus de 25% et les faillites d’entreprise de 45%.

Conscients de cette réalité et de la présence annoncée à l’avance cette fois-ci d’un représentant de la famille Le Pen au second et, sous la menace terroriste et état d’urgence, les Français en sont pourtant réduits à nouveau à devoir faire le choix du « moins pire » pour cinq ans.

La hiérarchie des maux.

Entre le chaos et le néant, il y une vraie hiérarchie des dangers.

De la même façon qu’il existe une réelle distance entre un mépris presque naturel et spontané pour les plus démunis et les dangers d’un gouvernement d’extrême droite ; il existe une vraie différence entre une sensibilité politique favorisant les mieux dotés économiquement et les plus agiles culturellement et le risque d’un pays basculant dans une politique de violence autoritaire, réactionnaire et xénophobe.

Même des « sans dents » de François Hollande aux ouvrières « illettrées » de Macron , je concède bien effectivement qu’il vaut mieux une gauche molle, embourgeoisée et hors sol qui – à l’instar de Marie Antoinette avec ses croissants – croit réduire significativement la détresse des plus pauvres en leur proposant de prendre l’autocar pour aller en vacances – pour ceux qui peuvent encore en prendre – que l‘assurance d’une bascule dans la violence d’une catastrophe nationaliste.

Le premier tour de l’élection a affirmé à quelques % près des forces politiques de taille à peu près égales entre elles et dont les divisions tranchées, inconciliables sont cumulables au point de pouvoir– en dépit de parfaite la légalité du résultat de ce second tour – s’agréger dans un même rejet à tout instant contre le vainqueur de ce 7 mai.

Avec contre lui presque 75% des Français ayant voté le 24 avril et malgré le soutien affiché de la quasi-totalité des élus, médias, artistes, influenceurs, gouvernants, religieux et autorités morales, il sera élu ce 7 mai avec près de 5 millions de voix de moins que Jacques Chirac en 2002.

Dans une élection qui s’est jouée sur un seul tour, le « ni de gauche - ni de droite », Emmanuel Macron a réussi à être finalement élu au second tour en tant le candidat du « pas Front National » semblant incarner « également » un être et un néant au sens où Sartre l’a écrit qui « se définit comme étant ce qui n'est pas et n'étant pas ce qu'il est ».(2)

Pour notre Pays, il ne manque désormais à ce jeune nouveau Président qu’une majorité solide et un programme robuste;
à la Droite et au Centre de l’incarner et ne pas rater ce rendez-vous en juin.



(1) Sondage Odoxa réalisé pour BFM TV et le Parisien publié dès le 16 avril 2016.

(2) « L’Etre et le néant » Essai – Jean Paul Sarte / 1943




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lundi 1 mai 2017

Pauvre France

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A mon sens, dimanche 7 mai prochain, deux dangers guettent notre pays.

Le premier – toujours fort peu probable au moment où j’écris ces lignes – serait de voir la France choisir de confier son destin à l’extrême droite. L’autre – de moins en moins probable également – consisterait en un raz de marée en faveur d’Emmanuel Macron.

J’imagine que ces trois phrases surprendront voire choqueront certains d’entre vous.

Une victoire de l’extrême droite serait une catastrophe.

Avant tout et même en écartant toute considération d’ordre de morale républicaine ; la France est dans un état social, politique et économique qui lui interdit de se couper de la marche du monde et dans un état financier qui lui ôte tout moyen de se couper de l’Europe de la façon dont Marine Le Pen le propose.

Il ne s’agirait pas d’une voie alternative mais d’une mise volontaire en impasse d’un pays qui est déjà en grande difficulté.

Ce scénario irréaliste du repli et du pire est juste à l’inverse de l’idée que le monde se fait des Françaises et des Français et même de l’idée qu’une très grande partie des Françaises et les Français se font de la France.

Même aux pires moments de l’histoire récente de l’Europe, quand certains pays faisaient le choix d’une radicalité autoritaire et nationaliste en basculant dans le fascisme, la France a su faire un choix résolument contraire avec le Front Populaire.

Seule la force de l’occupant réussira à imposer à nos anciens pendant quatre ans un régime de cette nature et ce furent là les plus épouvantables années que notre pays ait eu à connaitre au XXe siècle.

Tout ce qui – de près ou de loin – viendrait à véhiculer les mêmes ferments :

- de violence politique,

- de rejet idéologique de l’intangibilité des concepts de liberté, d’égalité et de fraternité,

- d’hostilité de principe à l’évolution de la société, de ses droits et de ses mœurs,

ne doit recueillir le suffrage de celles et ceux qui connaissent et assument avec fierté l’héritage de notre Histoire et s’attachent à favoriser à un avenir à la hauteur de cette Histoire.

Le triomphe d’un vainqueur par défaut serait très lourd de conséquences.

Toutefois, personne ne peut arguer d’une supposée stupeur républicaine face à la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. A la différence du choc de 2002, cette occurrence est confirmée depuis presque trois ans dans tous les sondages et le FN a déjà gagné les dernières élections Européennes et quasi-gagné les élections Régionales.

Qu’a-t-on fait pour empêcher cela ?

Les socialistes sortants ont-ils été capables de s’entendre et à défaut de se soutenir entre eux comme ils s’y étaient formellement engagés dans leur primaire ?

La gauche Hamon et Mélenchon, assez proche sur le plan programmatique, a-t-elle été capable de s’allier pour se donner une chance d’incarner une alternative sociale au Hollando-macronisme ?

La droite a-t-elle pu s’accorder pour remplacer un candidat très vite devenu incapable de passer le cap du premier tour de l’élection ?

Une élection sous forme de triomphe de Macron donnerait à croire que, le réflexe « républicain» suffirait à écarter in fine et ad vitam aeternam la menace de l’extrême droite et permettrait prolonger encore cette insupportable incurie politique.

Ce serait aussi oublier qu’il y a en France des millions de pauvres, de mal logés, d’isolés sans avenir dans des territoires sans vie, sans investissements, sans activités … et dont on ferme gares, hôpitaux, écoles, usines et commerces.

Eux ont déjà en grande partie voté pour l’extrême droite.

Eux sont dans une situation de détresse et d’urgence absolue.

Ils sont juste dans une souffrance que ne soulage aucune incantation emphatique de morale, que n’effacerait pas l’éphémère euphorie électorale des citoyens bien-pensants des beaux quartiers et qu’il serait juste infâme de diaboliser en les marquant du sceau de l’anti-républicanisme…

… alors qu’ils sont les oubliés de la République.




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mardi 25 avril 2017

Fillon comme bouc émissaire.

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Ce 23 avril marquera la défaite historique de la droite. Défaite tant redoutée, défaite mainte fois annoncée et défaite qui n’aura néanmoins pas été évitée.

Fillon est-il seul responsable ?

Il est clair que François Fillon porte une part non négligeable de cet échec cuisant. Et sa responsabilité s’est progressivement sédimentée sur cinq couches successives.

- Au lendemain de son aussi incontestable qu’inattendue victoire de la primaire, il n’a pas immédiatement enclenché sa campagne présidentielle – comme l’aurait certainement fait un Sarkozy – de façon à « enfoncer les lignes » de ses adversaires laissant les primaires socialistes occuper le devant de la scène et le « hors-sol et hors parti » Macron continuer sa tranquille OPA.

- Fort de ce premier succès électoral et vraisemblablement poussé par quelques « moutardiers du pape » de sa garde rapprochée, Il a refusé d’entendre et quasiment récusé – dans sa famille politique – celles et ceux qui souhaitaient voir adoucis certains contours de son programme social ou pour certains autres, plus prosaïquement simplement continuer de peser dans l’organisation de la « machine Les Républicains ».

- Ce n’est qu’après le début du « Pénélope Gate » qu’il a maladroitement, avec des « comités Théodule » au plan national, et bien trop tardivement sur le terrain tenté de réunir les forces militantes au-delà des faibles troupes qui le soutenaient depuis le début de son odyssée présidentielle ne rassemblant pas immédiatement localement Juppéistes et Sarkozystes orphelins.

- Face aux révélations de salaires intra-familiaux via de l’argent public à des montants ahurissants, de costumes d’amis et honoraires de conseil divers, il a voulu se placer sur le terrain de la seule légalité alors que c’est – avant tout et surtout – sur le plan éthique et moral qu’une partie non négligeable de l’électorat qu’il avait conquis était désarçonnée. Conquête qu’il avait explicitement inscrite sous les auspices d’une rigueur personnelle et d’une probité indiscutable qu’il lui avait permis de disqualifier ses compétiteurs de la primaire. Il finira mis en examen et malgré tout candidat alosr qu’il avait à nouveau lui-même promis le contraire.

- Le « raidissement » de ses postures qui ont caractérisé ses deux derniers mois de campagne en vouant aux gémonies pêle-mêle : Presse et médias, Justice , « Système », Parisianisme et autres complots d’état – même s’il a un temps donné le change aux militants les plus convaincus – n’a pas empêché l’extrême droite de rafler cette mise sur ses terrains d’expression qui sont son fonds de commerce. Ce raidissement n’aura pas d’avantage enrayé le glissement des plus modérés de son camp vers Macron.

Les fautes de la droite.

La campagne que nous venons de vivre chez les Républicains révèle au mieux un angélisme inouï.

Pensez qu’il a fallu les tourments exceptionnels de la candidature Fillon pour se rendre compte que les statuts du parti prévoyaient de confier les clefs, les organes de direction et la caisse du parti à un chef désigné par une élection primaire où ont en majorité voté des « non-membres » dudit parti.

Et surtout que ces mêmes statuts n’avaient rien prévu pour changer de candidat (et accessoirement récupérer clefs, direction et caisse du parti) si les circonstances et les conditions d’une victoire électorale venaient à l’exiger.

On en viendrait presque à croire que cette famille politique est pour la première fois en situation de difficulté sur la question de la désignation d’un chef, d’organisation ou … de finances…

Par ailleurs, lorsque la candidature Fillon a singulièrement commencé à battre de l’aile, si des manœuvres ont réellement été engagées pour empêcher un recours à une candidature Juppé ; leurs auteurs porteraient une co-responsabilité encore plus grave encore que celle du Sarthois.

De la même façon et en substitution de ce recours, si des entraves venaient à avoir été érigées à l’émergence d’une alternative Baroin par tel ou tel « jeune républicain » impatient d’un supposé destin national ; elles auraient tout autant conduit à un second tour Gauche- Extrême droite dans une élection pourtant promise à une réelle et nécessaire alternance politique ET républicaine.

Dans la confirmation éventuelle de l’une et/ou l’autre manœuvre, ceux qui les auraient conduites mériteraient alors la même mise au rencart que celle désormais imposée à François Fillon.

Pour être complet sur le registre des ineffables observations: face à cette aspiration puissante, criante, générale, inévitable et incontestable de renouvellement des hommes et des pratiques politiques – que confirme et impose – également ce scrutin du 23 avril, rappelons que sans consultation de sa base ; la droite a – pour les législatives à venir – juste choisi de réinvestir 100% des sortants candidats, dont un grand nombre ne siègeront même pas à l’Assemblée Nationale du fait de la loi sur le non cumul des mandats…

...un peu comme si nous n'étions pas encore au bout des mauvaises surprises.

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vendredi 21 avril 2017

Quatre dans un mouchoir de poche.

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Dans une campagne présidentielle qui aura vu pour la première fois ;

- le Président sortant décider de ne pas se représenter pour un deuxième mandat,

- aucun candidat ne revendiquer ou défendre le bilan du mandat qui est en train de se terminer,

- les électeurs mécontents du bilan de ce mandat ne pouvoir diriger leur colère contre un candidat,

- deux des quatre premiers candidats faire l’objet de poursuites judiciaires pour des faits qui – s’ils étaient avérés – seraient incompatibles avec la fonction présidentielle,

- les deux favoris – à tout le moins jusqu’à ce jour – ne pas être issus des grands partis traditionnels dits de gouvernement,

- ces partis de gouvernement avoir pourtant – tous deux – organisé des primaires ouvertes pour précisément éviter cette situation,

- peut-être ceci explique cela – ces primaires écarter tous ceux qui en étaient les favoris,

- les polémiques écraser tout réel débat et échange contradictoire sur les grands sujets de fond,

- la part d’abstention rester aussi élevée à ce stade final de la campagne,

- le résultat de l’élection présidentielle avoir une probabilité aussi forte de ne pas être « confirmé » par une majorité parlementaire aux élection législatives de Juin,

c’est également la première fois que quatre concurrents sont dans un « mouchoir de poche » si étroit qu’ils peuvent chacun prétendre figurer au second tour de l’élection.

Ajoutons que c’est la première fois qu’une manifestation majeure de la démocratie qu’est une élection présidentielle se fait – sous état d’urgence – non plus pour contrer une menace mais une réalité terroriste depuis l’attentat de ce jeudi soir de Paris sur des « Champs » à plus d’un titre proches de l’Elysée.

Alors dans ces circonstances très particulières, quelle combinaison va sortir du premier tour du scrutin de ce dimanche ?

Un duel des « aventures » et des extrêmes avec un face à face Le Pen – Mélenchon ? La probabilité de « 1 sur 6 » de cette combinaison ouvrirait une phase d’incertitude peu compatible avec la situation de grande adversité de notre pays. Adversité qui – dès dimanche soir imposerait aux pouvoirs publics – d’établir à la hâte un contrôle des capitaux et figer certains avoirs bancaires pour éviter un assèchement immédiat des flux financiers et autres « runs bancaires » qui affecteraient notre économie.
A la différence des surprises Trump et Brexit, rappelons-nous juste que nous ne disposons pas d’une Banque de France susceptible de faire varier ses taux d’intérêts ou la valeur de sa monnaie pour continuer à alimenter ses circuits économiques en liquidités dès 20 heures le 23 avril. Il nous faudra juste nous endetter très vite davantage et à des taux bien plus élevés. Bienvenue dans le début de la « grande aventure » et ce ne serait là qu’un début…

Un duel extrême-droite Macron ou Fillon réduirait cette élection à un suffrage à un seul tour assurant la victoire quasi-automatique de celui qui arriverait en tête avec Marine Le Pen dimanche prochain.
Certes, l’hypothèse d’appel au vote des Ciotti, Wauquiez ou Retailleau en faveur de Macron serait assez cocasse tout autant que le serait celle où Hamon, Mélenchon et Hollande appelleraient à voter pour Fillon.
A la différence de 2002, on ne pourra pas arguer du choc et de l’imprévisibilité de la nécessité de ce votre républicain résigné et contraint.
Cela fait trois ans que les sondages annoncent cette configuration et tout en étant – on ne peut plus avertis de ce risque – nous nous y serions néanmoins précipités tête baissée.

Même si elle n’a pas la faveur des commentateurs, l’hypothèse d’un second tour Macron-Fillon reste pourtant totalement ouverte.
Nonobstant la faveur des « marchés financiers », cette hypothèse serait loin d’être dénuée d’intérêt politique. Elle relancerait un vrai enjeu de campagne de second tour avec une clarification et une position d’alternative crédible entre un candidat Fillon de droite cabossé, malmené, désacralisé mais incarnant la droite traditionnelle et repositionnerait Macron comme celui de la gauche clairement soutenu par le PS ; tous les sortants du gouvernement et … François Hollande.
Le premier tour aurait en somme montré un « certain visage » de François Fillon, ce second tour permettrait en quelque sorte de faire « tomber le masque » centro-aseptisé d’Emmanuel Macron.

Réponse dimanche.

En espérant surtout que cette élection ne s’accompagne pas de nouveaux attentats ou nouvelles violences qui n’ont pas d’autres objets que d’influencer notre choix politique et d’entraver la manifestation la plus significative de notre liberté ; celle de choisir nos dirigeants.






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vendredi 14 avril 2017

Un Béarnais en pleine campagne.

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Les 23 avril et le 7 mai prochains, nous choisirons celui qui – pour les cinq années à venir – sera notre Président de la République. Les sondages s’accordent tous à mesurer un niveau d’indécision électorale inégalé dans l’histoire de la Cinquième République.

Cette campagne qui entre dans sa phase finale aura été inédite dans son déroulement et le sera tout autant dans ses conséquences politiques et ce, quelle que soit l’issue du scrutin.
Des extrêmes qui – utilisant cette élection comme une revanche d’une partie du peuple sur l’autre – atteignent des scores inouïs.
Une météorite creuse qui frôle des sommets du fait de la désertion d’un Président sortant qui est si fier de son bilan qu’il n’ose le défendre devant le suffrage de ses concitoyens. Le candidat de la droite est pris dans les pièges qu’il avait lui-même posés pour écarter ses compétiteurs de la primaire.

Au milieu de cette véritable chienlit, un candidat détonne.

Sans sombrer dans la revanche ni dans l’expiation pas d’avantage qu’il ne défend une classe ou représente une caste; Jean Lassalle est le candidat qui n’a rien à voir avec tous les autres.

Son ton, son verbe, son geste voire même son accent nous le rendent familier et en cherchant bien, nous aurions ou aurions presque tous eu – dans notre généalogie – un cousin, un oncle ou même un parent plus éloigné qui lui ressemble.

A moins avoir la déveine d’être un indécrottable bourgeois ou un citadin séculaire, il aura porté la voix d’une France dont nous sommes très nombreux à être issus.

Cette France du terroir, cette France des campagnes.
Cette France des villages avec ses près et ses champs.
Cette France aux petites Mairies, aux petites Eglises.
Cette France des petites écoles aux « petites classes ».
Cette France où les « anciens » connaissent tous les « petits » et où les « petits » saluent et respectent tous les « anciens ».
Cette France des cimetières.
Cette France des monuments aux morts encore drapés de bleu-blanc-rouge et toujours fleuris.

Beaucoup d’entre nous – quand il leur arrive d’oublier ce après quoi ils courent – pour se rappeler d’où ils viennent, peuvent même avoir la nostalgie de cette France-là.

Ce qu’il y a de touchant dans l’engagement de Jean Lassalle dans cette pétaudière électorale, c’est que justement, il ne s’est pas enfermé dans une litanie chagrine et nostalgique.

Rustique sans être caricatural, gouailleur mais toujours extrêmement poli, traditionnel sans être désuet ; il est peut-être le seul à défendre quelque part « une certaine idée de la France » sans être rétrograde, une certaine fierté tricolore sans jamais être nationaliste, un certain « bon sens paysan » rassembleur, empreint d’une dimension altruiste et toujours généreuse.

L’incomplétude ou certaines aspérités de son « programme » sont parfois un peu déroutantes mais après tout ; certains en ont de bien plus farfelus que lui et quant aux autres, ne promettent-ils pas d’assurément réussir à l’avenir ce qu’ils ont toujours échoué à entreprendre lorsqu’ils étaient au pouvoir ?

A quelques exceptions près, commentateurs et journalistes ironisent et se gaussent de certaines propositions ou déclarations hautes en couleur du Béarnais mais une chose est sure ; cet élu de la République aura plus apporté – en vingt ans – à ses administrés que ces péroreurs télévisuels n’auront – en dix vies – contribué à enrichir le débat politique du pays.

Jean Lassalle est le député qui chante plus fort que Sarkozy pour empêcher la fermeture d’une gendarmerie et qui est gréviste de la faim pendant 39 jours à l’Assemblée Nationale pour sauver une usine de sa vallée.

Avec 5000 km parcourus à pieds à travers les provinces de France à la rencontre et l’échange direct avec « les vrais gens » et non pas ceux qu’on harangue du haut d’une tribune ou via un hologramme ; Jean Lassale est le seul député « marcheur » de cette campagne.

Il est à lui tout seul, précisément l’incarnation physique du contraire de cette « web-génération spontanée » de 14 000 prétendants pseudo-marcheurs, candidats virtuels à la loterie parlementaire macronnienne.

Ses costumes ne sont pas taillés sur mesure, il n’a pas de parti ni moyens ni riches soutiens. Il aura payé de sa poche ses débuts de campagne au point que sa carte de crédit bancaire a été bloquée un jour où sa femme faisait les courses au supermarché.

Il a juste une carrure, un enthousiasme, un engagement et une proximité qui lui permettent d’instinctivement ressentir et affirmer que derrière de froides statistiques se cachent de criantes détresses humaines qu’il connait.

Et malgré cela, à sa façon toute personnelle, il tente de soutenir un élan d’optimisme et de porter des paroles de réconfort et d’espérance.

Le 7 mai à 20 heure, récipiendaire d’un vote dit « républicain » composite, disparate et contraint ; le Président qui sera élu – probablement face à Marine Le Pen – sera quoi qu’il en soit « mal élu ».

Pour ces raisons ; il est peu probable que la majorité de Français soit fière de son nouveau Président.

Mais au moins, pendant cette campagne aurons-nous eu l’occasion d’être fiers de Jean Lassalle.



Pour celles et ceux qui douteraient que Jean Lassalle est un élu de terrain expérimenté, une __vidéo__ de 12 minutes qui est un moment de pur "bonheur".








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lundi 3 avril 2017

Déjà trois ans, encore trois ans ?

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Cela passerait presque inaperçu dans cette période électorale mais nous venons de connaitre une date anniversaire pour notre ville. Cela fait trois ans que Gérard Collomb a été élu pour la troisième fois Maire de Lyon. C’est aussi le début de la seconde moitié de son dernier mandat à cette fonction.

Elu par défaut ?

Face à une droite divisée et dont Raymond Barre avait retardé de 6 ans la dispersion, Gérard Collomb remportait la mise et s’installait à la Mairie pour de longues années.
Même si ce contexte de droite éclatée a favorisé son élection comme l’ont essentiellement et longtemps considéré ses opposants ainsi qu’une grande partie du milieu politico-médiatique français, il serait injuste de ne pas rappeler l’opiniâtreté de son combat. Cette Mairie, il est allé la chercher avec les dents.
Relooké, organisé, présent tout le temps et sur tous les terrains, il a travaillé avec acharnement dès après sa nouvelle défaite de 1995. Il s’est battu y compris contre ses propres amis (Queyranne / Touraine ) qui lui auraient bien volontiers ravi la mise au dernier moment face au départ annoncé de Barre.

Réélu au premier tour en 2008 face à une droite réunie mais dont la conduite avait été détournée par un parachutage extérieur à Lyon.
Il anticipera la campagne de 2014 - très en amont du scrutin – par des inaugurations à répétition(s) et moult classements et concours urbains divers et variés mais repris abondamment en couvertures de magazines. Offensive médiatique réussie au point de ne pas être réellement inquiété malgré les divisions cette fois-ci dans la partie gauche de sa majorité.

Le modèle lyonnais ?

Pendant ses deux premiers mandats, il aura honorablement su prolonger la trajectoire et les projets des précédents maires autant qu’il aura – au contact de la bourgeoisie entrepreneuriale et commerçante – fait pâlir le rose de ses convictions militantes originelles.

Sans doute cette continuité sans vraie rupture ni folle accélération aura-t-elle été le fondement d’un sentiment plutôt globalement sympathique que lui porte une partie de l’opinion lyonnaise plus large que sa réelle base électorale.

Et à la longue, même si la croissance et l’attrait de la ville – constants depuis des décennies – sont en grande partie exogènes à l’action de l’exécutif local ; Gérard Collomb n’a cessé d’essayer de de se présenter comme l’incarnation de ce « modèle lyonnais » auprès des médias et interlocuteurs nationaux.

Force est de constater que certains s’y sont laissés prendre. A Lyon, seuls ses détracteurs les plus virulents prétendent qu’il le croit vraiment.

20 ans de pouvoirs sans partage

A la fin de ce mandat municipal, cela fera presque 20 ans que la Ville de Lyon, son agglomération et de nombreux rouages publics locaux auront été dans les mêmes mains.

« A force de ne plus être contredit, Gérard Collomb donne parfois le sentiment de penser qu’il a toujours raison » peut-on entendre du côté de l’Hôtel de Ville et qu’il commence à se raidir dans des postures de moins en moins en ligne avec les « usages lyonnais ».

Le centralisme décisionnel, la marginalisation des arrondissements (notamment en termes de gouvernance sur les projets ou décisions qui les concernent directement), la « guéguerre de tranchée » avec Nathalie Perrin Gilbert, le manque de compassion sur des émotions comme la fermeture de l' internat Favre, la faible et froide attention affichée sur le traitement du problème du Musée des Tissus entre autres, reflètent – au mieux – une forme de distance et de lassitude.

Après avoir dévitalisé et vassalisé le parti socialiste local, il poursuit cette entreprise à plus grande échelle avec l’aventure Macron.

Baron de province, il a soutenu l’émergence de Najat Vallaud Belkacem et Thierry Braillard pour tenter de les étouffer ensuite dès qu’ils prenaient trop la lumière et va jusqu’à faciliter la chute de Queyranne aux dernières élections régionales.

Il donne grande réception « purement républicaine » aux frais du contribuable à son poulain présidentiel mais fait en sorte de ne pas être Lyonnais quand le Président de la République vient dans sa ville. Dernière mesquinerie en date, Christiane Taubira se voit interdite de salle municipale pour la dédicace de son dernier livre mais il est vrai qu’elle soutient Benoit Hamon et non le chouchou de l’édile lyonnais.

Les limites atteintes.

Même très actif dans la campagne des élections présidentielles, le parcours conséquent du septuagénaire Maire de Lyon peut effectivement servir de caution – à la fois provinciale et urbaine – utile au premier feu électoral national de Macron.
Pour autant, cela n’efface pas au plan local l’atteinte de certaines limites et le commencement de la fin d’une époque.

Dans la construction de la métropolisation telle qu’elle s’est mise en place depuis le 1er janvier 2015 ; le fait de faire disparaître à terme les maires des communes de l’exécutif métropolitain – même s’il peut se concevoir comme un élément de confort décisionnel – trahit en revanche une vision indigente de l’expansion de territoriale de la Collectivité et posera un vrai problème pour « attirer » l’enthousiaste adhésion d’élus de nouvelles communes sur une « aire lyonnaise » nécessairement plus vaste et donc plus forte encore qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Par ailleurs, la demande « poussée à la va-vite » avant l’ultime déchéance de François Hollande de déclassement de la partie urbaine de l’A6/A7 sans solution préalable ou au pire concomitante de déviation des flux de circulation face à des enjeux de santé publique connus de longue date témoigne d’une limite bien plus conséquente. On a pourtant eu le temps d’inaugurer les velo’v et promenades de bords de fleuves mais si l’air qu’on y respire est dangereux certains jours, on n’aura pas – en seize ans de mandat – trouvé celui de réaliser le salutaire contournement routier.

Comble des limites d’un certain modèle lyonnais ; rappelons que la gratuité des transports publics par pic de pollution est possible à Paris chaque fois que la situation l’impose mais n’est possible à Lyon que …7 jours avant le premier tour des élections municipales.

Les temps changent...

Des limites occultées jusqu’alors par la poursuite du cap donné à Lyon par les mandats Noir et Barre et la Métropolisation, ainsi que l’absence de réelle solution alternative politique lyonnaise pour le remplacer avantageusement expliquent la tranquille longévité de Gérard Collomb.

Mais dans un cas comme dans l’autre, les choses ont sensiblement changé.

Et l'exigence de renouvellement politique est telle que Lyon ne saura s'y soustraire.

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lundi 13 mars 2017

Le petit monde idéal d'Emmanuel Macron

Emmanuel-Macron-in-Davos-2016-by-European-External-Action-CC-BY-NC-2.0-660x551.jpgIl y a une petite France qui va bien.

Il y a une petite France qui parle couramment plusieurs langues, qui a parcouru le monde, qui est propriétaire de son immobilier, qui n’a pas de soucis financiers – ni maintenant ni pour sa retraite – ni pour financer les études de ses enfants.

Il y a une petite France qui vit dans les beaux quartiers, qui va l’été à la mer, l’hiver à la montagne et le week-end à la campagne, cycliste urbaine quand il fait beau mais avec belle une voiture dans le garage.

Il y a une petite France cultivée et diplômée dont les bibliothèques regorgent de milliers de livres qu’elle a lu, qui fréquente régulièrement les musées, les expos et les théâtres.

Il y une petite France qui alterne les métiers intéressants et les univers professionnels variés dans des carrières toujours en croissance, forte de milliers de contacts sur les réseaux sociaux et de quelques solides et utiles arborescences relationnelles.

Cette petite France là est à l’abri des soubresauts électoraux et des débats politiques.

Elle ne craint pas l’ultralibéralisme qui inspire le programme de François Fillon ou la trajectoire politique volontairement plus masquée d’Emmanuel Macron. Pour autant, elle semble se prononcer plus largement en faveur du second que du premier.

En bon « start-uper » issu de la banque d’affaires ; Emmanuel Macron a d’abord su appréhender les tendances lourdes de ce « nouveau marché » qu’est pour lui l’opinion publique.

Rejet fabuleux des partis traditionnels, refus d’une classe politique qui reproche à son propre peuple d’avoir accepté les largesses qu’elle lui elle-même proposé, volonté d’un profond renouvellement, fin du culte suranné et désuet des chefs ou hommes providentiels, banalisation de l’alternance, accélération du rythme électoral, chambre d’échos amplifiée que sont les beaux quartiers des agglomérations favorisées où se concentrent décideurs, influenceurs et médias et où les réseaux sociaux sont les plus actifs ; il a tout compris et presque tout préempté.

La gauche c’est pas terrible. On sort de cinq années qui n’ont rien apporté au pays. La droite c’est pas mieux. On l’a écartée il y a cinq ans et le programme Fillon est un vrai purgatoire qui omet d’assurer un Eden ultérieur. Alors, qu’à cela ne tienne et il suffisait d’y penser ; la nouvelle panacée sera la « ni-gauche ni-droite » ou la « gauche-droite à la fois » réunie par le centre.

Voilà donc le candidat idéal de la France qui va bien et qui – pour une partie d’entre elle – veut encore croire qu’il n’y a finalement pas grand-chose à faire pour que demain soit meilleur qu’hier qui parle de « Révolution » mais avec le sourire. Il est vrai que sur le registre de l’optimisme encore possible, c’est lui qui a préempté ce territoire.

Macron et « joue » sa « part de marché ».

Haut fonctionnaire, banquier d’affaires, conseiller économique d’un Président de la République, voulant quitter la politique pour se lancer dans le business ; il se ravise et accepte Bercy pour incarner le « volontarisme économique » d’un gouvernement qu’il lâche en rase campagne pour tenter de rafler la mise Elyséenne. Et s’il échoue, il pourra tout aussi bien créer son fonds de placement, créer une business school internationale, donner de lucratives conférences ou remplacer Patrick Sébastien pour présenter un show télé voire les quatre en même temps.

Pour l’instant, il est en campagne.

Quelques paris audacieux et des prises de risques à forte rentabilité de court terme, l’ancien banquier est en marche. Quelques idées pas idiotes du tout dans des « lignes guides » qui permettent de susciter un peu de débat et faire croire qu’il a un projet.

Quelques pré-retraités de la politique qui font leur chant du cygne au milieu de « jeunes automates applaudissants » dans des meetings à grand spectacle et la mayonnaise prend. On pourrait presque oublier que cet improbable attelage de circonstance assemblé en quelques semaines ne s’accorderait sur pas grand-chose et pas longtemps et ne disposerait en outre pas de majorité parlementaire pour tenter d’appliquer un programme si tant est qu’il en ait un.

Après tout, dans l’enchainement singulier des séquences politico-médiatiques que nous connaissons depuis ce début d’année, le jackpot de cette élection à un seul tour sera pour celui qui occupera le chemin étroit de crête le 23 avril prochain et pour l’instant,
Macron est toujours en marche.

Marche qui ne déplaît pas à cette petite France qui va bien … et qui séduit celles et ceux qui voudraient en faire partie.



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vendredi 3 mars 2017

Une course en hors-piste

Hors_piste.png

Combattif, résolu, résistant.
Qu’on l’aime ou pas, François Fillon révèle dans cette campagne devenue un vrai chemin de croix une personnalité en acier trempé.
Traqué, moqué, attaqué, lâché ; il continue à avancer et à faire face à tous les vents – essentiellement mauvais – qui ne cessent d’obstruer sa route.

Conforté par un succès aussi inattendu que spectaculaire lors de la primaire de la droite et un programme – certainement le mieux travaillé et abouti que tous ses compétiteurs – il semble que rien ne puisse atteindre sa détermination.

Pour autant, un certain nombre de choses profondes ont irrémédiablement changé.

S’étant lui-même mis en scène comme l’austère pourfendeur des abuseurs d’un système français laxiste et trop généreux ; il s’avère qu’avec népotisme et une relative cupidité, il a profité de ce même système en rétribuant sa propre famille avec des fonds publics et des rémunérations insensées au regard des salaires moyens français ou créé – 10 jours avant que la loi ne l’interdise – sa société de conseil pour adjoindre de substantiels honoraires à ses indemnités parlementaires personnelles et celles qu’il redistribuait déjà aux siens.

Ayant été désigné « quasi-futur Président » de la République en Novembre, il met beaucoup trop de temps pour saisir l’immense émoi et la révolte que suscitent ces révélations auprès de ces concitoyens et – en premier lieu – ceux de son propre camp qui l’ont adoubé quelques semaines plus tôt et il tente de réagir et s’en excuser mais … trop tard et trop peu.

S’étant enfin institué comme le parangon ou l’archétype de la moralité politique au point de contester et disqualifier la présence à l’élection de ses concurrents objets d’instruction judicaire, et affirmant à plusieurs reprises qu’il retirerait sa candidature si un tel sort lui était réservé ; le voici enraciné candidat inamovible quoi qu’il advienne alors qu’il annonce être mis en examen à son tour le 15 mars.

C’est aussi maintenant un « combattant » dont l’essentiel du discours est devenu une harangue virulente de son électorat.

Harangue contre la paix républicaine supposée en état de guerre civile soi-disant favorisé par le gouvernement, harangue contre la liberté d’expression de la presse, harangue visant à délégitimer l’institution judiciaire. Harangues contre autant de symboles et de valeurs que la fonction à laquelle il concourt est pourtant supposer protéger et garantir.

C’est donc un combattant qui affirme vouloir ne pas abandonner sa course, un combattant qui se débat, un combattant qui fonce…mais qui pourtant ne semble pas s’être rendu compte qu’il est déjà sorti de piste depuis plusieurs semaines.

De la piste qu’il avait lui-même choisi de tracer.

Dans un contexte international tendu une situation nationale économique, financière et sociale délabrée ; c’est une mécanique dangereuse que de sous-tendre le besoin réel d’alternance politique à un candidat pour lequel – chaque jour qui passe – amenuise davantage toute chance de gagner autant qu’il renforce le fait qu’il n’a vraiment plus grand chose à perdre.



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lundi 13 février 2017

Sortir du piège.

Fillon.jpg
Depuis le début de la tourmente médiatique qui a suivi les révélations du « Pénélope Gate », François Fillon ne parvient plus à faire campagne. Ce qui occupe le devant de la scène, c’est une interminable série-feuilleton.
Les informations savamment séquencées et les soubresauts politico-judiciaires se mêlent désormais aux agitations bruyantes et médiatisées de quelques protestataires et donnent l’impression d‘un candidat empêtré, coupé du terrain, empêché de campagne électorale présidentielle.

Cette position « sur-place » et « sous le feu » crée le doute auprès de ceux qui – rejoignant le mouvement au cours de la primaire – espéraient en cette candidature autant qu’elle exaspère les militants fillonistes de la première heure.

Le problème, c’est que les premiers constituent le plus gros des troupes militantes des Républicains (Sarkozystes puis Juppéistes) que les seconds suspectent les premiers de mollesse quand ce n’est pas … d’être complices de l’offensive anti-Fillon.

Si tout cela n’était qu’un piège, force est de constater qu’il fonctionne.

D’où que vienne cette offensive et quels que soient ceux qui semblent en tirer profit – pour l’instant – la seule question est de savoir comment sortir de cette zone de mort politique.

Si les investigations judiciaires n’entraînent aucune poursuite contre François Fillon et/ou les siens et que, concomitamment, le candidat reprend significativement du terrain face au véritable ectoplasme politique qu’est Emmanuel Macron ; il faudra à la fois :

  • Accélérer spectaculairement la campagne ; aligner manifestations de force sur le terrain et grands messes « à la Sarko » pour réaffirmer ce qu’était originellement la dynamique de cette campagne imperdable pour une alternance franche et forte aux cinq années pathétiques de la Présidence Hollande.
  • Affirmer un dispositif législatif exceptionnel d’urgence de moralisation de la vie publique. Dispositif si exceptionnel et si urgent qu’il permettra de démontrer solennellement à quel point la colère froide personnelle du candidat s’est effacée pour prendre en considération l’immense colère noire collective de celles et ceux qui ont été ulcérés d’apprendre qu’on pouvait employer – avec de l’argent public et sans contrôle – femme et enfants avec des rémunérations plus élevées que 90% des salariés du pays.
  • Faire son deuil de certaines mesures trop « libérales » en matière de réforme de la sécurité sociale notamment.

A ce prix, l’élection peut encore être gagnée.

A ce stade, le député du Rhône Georges Fenech a raison a minima sur un point ; en choisissant volontairement de retirer sa candidature en cas de poursuite judiciaire, François Fillon a lui-même exposé la poursuite de son parcours politique – et avec lui celui de son camp – à la seule décision d’un magistrat.

De fait, il ne reste plus qu’à attendre la suite… …mais quelle qu’elle soit, il faudra agir et très vite.




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mercredi 1 février 2017

Présidentielles 2017: le divorce ?

FRANCE/Face aux très préoccupants défis internationaux et une situation nationale grave ; à la différence de tous les autres compétiteurs en lice à ce jour, François Fillon est le seul candidat qui a une carrure et un programme de présidentiable.

Pourtant, il est en passe d’être devancé dans cette élection même par le « touchant » et irréaliste Benoît Hamon, inattendu vainqueur de la primaire de ce qui s’avère n’être qu’une belle mésalliance de surcroit impopulaire.

S’il n’a pas mis à profit l’élan qu’avait suscité sa victoire pour occuper rapidement le terrain en force, il est maintenant embourbé dans une tourmente politico-médiatique à laquelle il n’oppose que la froide assurance de celui qui n’a pas enfreint le droit.

Et je suis convaincu qu’il le fait « à bon droit ».

Le problème, c’est que ce n’est plus une question purement juridique.

L’opinion publique n’est pas un auditoire d’amphithéâtre de fac de droit.

Jusqu’à ce qu’une éventuelle nouvelle loi ne l’interdise, lorsqu’on est parlementaire, il apparaît donc tout à fait légal, avec des fonds publics ;

- de salarier en home-office son épouse pendant des années avec un salaire mensuel 4 fois plus élevé que celui d’un ouvrier,

- de salarier ses propres enfants étudiants (donc a priori à temps partiel) avec le salaire d’un cadre supérieur (à temps complet).

La question de la légalité sera tranchée par la justice et peut-être même assez vite.

La question est maintenant de savoir si une majorité de Français voire même une majorité des Français de droite sont favorables à ces pratiques et surtout, si elles confortent un candidat à la Présidence de la République pour incarner une rigueur budgétaire qui se traduirait – même si certains seront nécessaires – par de nouveaux sacrifices financiers pour de nombreux concitoyens.

Car pour l’instant et même si ces pratiques – tous bords confondus – sont encore le fait de nombreux élus, peu d’entre eux semblent en exprimer la moindre gêne ou le moindre regret et c’est bien cela qui accentue des tensions de plus en plus vives.

Le problème, c’est que s'il continue à se maintenir dans une seule posture de juridicité, François Fillon ne se distinguera plus de ces élus-là.

Ce n’est pas le peuple français qui est en train de divorcer de sa classe politique. Néanmoins, vote après vote, il s’en sépare régulièrement.

En continuant à ne pas l’entendre, attention à ce que ce ne soit pas la classe politique qui soit en train de divorcer du peuple.



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mercredi 3 février 2016

La France qui marche sur la tête.

marcherLa France a été colbertiste dans sa reconstruction d’après-guerre, jacobine et dirigiste du fait de la déconfiture politique de le 4e République.
Après De Gaulle et Pompidou, grisée et laxiste pendant ses périodes de croissance économique, elle s’est progressivement laissée enkyster dans une gangue «administrativo-juridico-publique» dont elle n’a accessoirement plus les moyens mais surtout obstacle premier à son redressement.

Le coup d’état silencieux*

En effet, cumulés à 40 000 pages de droit communautaire et 400 000 normes, les 10 500 lois et 127 000 décrets régissant notre cadre légal constituent un frein considérable à l’initiative et l’investissement en France.

Si par folie, il venait à nos administrations l’idée saugrenue de tous les appliquer avec zèle, il y a fort à parier que notre pays collapserait immédiatement à la fois par paralysie et suffocation.

Dans son numéro du 28 janvier*, l’hebdomadaire Le Point rappelle que le coût net des nouvelles normes entre 2009 et 2014 s’élève en moyenne à 1 milliard d’Euros par an. De fait, il faut encore 7 ans pour mener à bien un projet immobilier d’envergure dans une agglomération.

En zone rurale, les choses ne sont guère plus fluides, la majeure partie des terrains – même jouxtant des bâtisses existantes – sont par défaut et par principe classés agricoles et non constructibles. Peu importe que rien n’ait été cultivé depuis des décennies sur un lopin de terre, vous ne pouvez rien y installer … pas même un abri de jardin ou des panneaux photovoltaïques pour chauffer écologiquement votre masure.
A l’heure de la volonté affichée d’écologie, de la lutte contre la désertification et de la recherche absolue de croissance, la France marche sur la tête.

Même le prétendu volontariste « choc de simplification » affiché par l’actuel locataire de l’Elysée a fait long feu face à la puissance d’inertie et de blocage de notre fonction publique.
François Hollande avait tenté d’apparaître audacieux en établissant le principe d’acceptation et non plus de rejet en cas de silence de l’administration à une demande qui lui serait adressée.
Révolution fondamentale qui ne traduira finalement que par un« flop de simplification » face à laquelle l’Etat s’est empressé de produire 24 000 procédures d’exception.

Non seulement la France marche sur la tête mais son administration foule aux pieds celles de ses dirigeants.

Un pouvoir sans contre-pouvoir

Sans évaluation extérieure et indépendante de ses justifications et de ses performances, avec des rémunérations évoluant à l’ancienneté – qui plombent de 1,2 milliards d’Euros supplémentaires par an nos comptes publics et empêche toute réelle gratification des mérites individuels – le secteur public est devenu un "Etat de sur-droits" dans l’Etat.

A l’heure d’une France en crise profonde dans un monde ouvert, concurrentiel, en quête constante d’innovation et de rentabilité ; plusieurs millions de nos salariés publics sont affranchis du droit commun du travail, de la compétition, des rémunérations liées aux résultats et surtout de la menace du chômage.

S’il est des droits acquis inattaquables en matière sociale, soit ils le sont pour tous, soit la situation exige qu’ils se calent sur une norme évolutive conditionnée par la conjoncture et ils s’imposent à tous également.

Il s’agit là d’un des enjeux capitaux de 2017 et du renouvellement indispensable de personnel politique et des origines de ces personnels.
Avec une Assemblée Nationale où plus d’un député sur 2 est actuellement issu de la fonction publique alors qu’elle ne représente qu’ 1 actif sur 5, on n’est pas prêt de voir aboutir la réforme structurelle et surtout la baisse des dépenses publiques nécessaires à la relance de notre pays.
Pas plus que l’on ne peut espérer qu’une politique experte en matière de dynamisation du secteur privé et concurrentiel n’émane de cet environnement consanguin et « immunisé » de cette réalité économique.

Avec une masse salariale annuelle de 278 milliards d’Euros, un quart de sa dépense publique (alors que dans la pire des crises qu’elle connaît, le déficit de l’assurance chômage ne sera en comparaison « que » de 4,4 milliards d’Euros en 2015) notre pays continue pourtant de produire des fonctionnaires.

Dans les deux dernières années, la France a créé près de 40% des emplois publics de la zone Euro … contre 2,71% des emplois privés.

S’il est des activités de sécurité, de santé et d’éducation qui dépassent – à juste titre – le cadre purement mercantile, on ne peut plus préserver ce « sur-Etat de fait » et son accroissement sous couvert de la seule sacro-sainte notion de service public.
Lorsqu’on compare les horaires d’ouverture de certaines administrations nationales ou locales à ceux d’une boulangerie ou d’un supermarché, on peut légitimement s’interroger du secteur qui assure le mieux le service au public.

Qui pèse sur la compétitivité.

Ces charges pèsent lourd dans les comptes publics et la fiscalité française et par ruissellement notamment sur celle appliquée au coût du travail. Contrairement aux idées reçues, la productivité horaire française est parmi les plus élevées et la place au 6e rang mondial, devant l’Allemagne.
De plus, les salariés français (cadres comme non cadres) travaillent en moyenne une heure de plus par semaine qu’outre Rhin. Et à celles et ceux qui affectionnent les comparatifs de productivité ciblés avec l’Allemagne, il faudrait surtout rappeler que son taux d’administration est de 50 emplois publics pour 1000 habitants là où il grimpe à 90 en France.

A l’heure où il semble que la mode fugace des idées temporairement consensuelles soit de considérer qu’il faille réduire les allocations des chômeurs au moment où ils sont les plus nombreux et, alors même que cette mesure s’est déjà révélée sans effet dans le passé, feignons de croire que cela va faire s’engouffrer et disparaitre les 3,6 millions de demandeurs d’emploi dans les 300 000 emplois supposés régulièrement vacants.

En somme, on envisage de réduire le débit l’eau au plus fort de l’incendie.
Est-ce bien là la réelle priorité?
Avec une telle « mesure », il ne faudra pas venir se plaindre des scores à venir du front National.

Finalement, à l'instar de la déchéance de nationalité pour faire face au risque terroriste, pondre une décision ou faire une loi de plus dont on sait qu’elle n’aura pas d’effets sur l’objet qu’elle poursuit, n’est-ce pas le cœur de l’actualité politique du moment ?

CQFD non ?



(* Le Point N° 2264 du 28 janvier 2016 / le coup d'état silencieux, ces bureaucrates qui dirigent la France)


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mardi 15 décembre 2015

Qui a gagné les Régionales ?

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Si la question est ainsi posée, c’est que la réponse n’est pas si évidente.

Passée la douche froide du premier tour qui confirme le Front National comme premier parti de France, les nouvelles donnes politiques issues de ce scrutin sont un peu troublées.

Le FN en premier parti de France.

Déjà aux dernières élections européennes, l’extrême droite avec 24,86% des suffrages, avait devancé de 4% l’UMP mais les centristes de leur côté – dans une consultation qui leur est traditionnellement favorable – avaient frôlé les 10%.

Au premier tour de ces régionales – seul et sans faire campagne – le Front National rassemble cette fois-ci près de 28% des voix et devance d’un point les listes fusionnées de la droite et du centre.

Pour autant, malgré le plus haut score en voix jamais obtenu, le fameux « plafond de verre » n’a pas été franchi et une meilleure mobilisation et les désistements socialistes ont empêché qu’une seule région ne bascule à l’extrême droite.

Mais avec près de 360 conseillers régionaux élus contre 118 en 2010, le FN sourit et clame haut et fort ne pas avoir perdu.

La gauche tire son épingle du jeu et s’affiche à la tête du front républicain.

Traditionnellement épouvantables pour les majorités au pouvoir, les résultats de ces élections régionales n’ont pas été aussi désastreux qu’ils le furent en 2004 et 2010.

La droite à l’époque aux affaires avait été littéralement effacée de la carte des présidences de région française. La gauche très malmenée au premier tour conserve 5 des 12 régions métropolitaines.

En retirant ses candidats en Nord Pas de Calais et en PACA, elle a fait le pari d’empêcher les Le Pen de gagner.

En analysant les résultats dans ces deux régions où le FN profite également et significativement de la meilleure participation au second tour, il est établi – n’en déplaise à certains – que MM. Bertrand et Estrosi doivent leur victoire à l’appui de la gauche.

La droite en progrès

Avec sept régions métropolitaines dans son escarcelle, la droite remonte la pente mais ce n’est plus au rythme de l’escalade athlétique des municipales ou des départementales.

Elle doit deux des bastions conquis au soutien de la gauche et ces deux présidents nouvellement élus devraient – à l’avenir – confirmer des trajectoires politiques sensiblement plus ouvertes que la ligne politique de leur mouvement.

Par ailleurs, elle doit deux de ces plus emblématiques victoires – l’Ile de France et Rhône Alpes Auvergne – à deux profils déjà montants que leur succès, appuyé sur des positions plus autonomes et/ou des attitudes politiques plus tranchées, devrait encore d’avantage affranchir de toute dépendance à quelque figure tutélaire ou retenue idéologique.

Et tout cela, dans une ambiance de primaire présidentielle féroce qui a commencé au lendemain de l’élection et dont le premier acte se traduit par l’éviction de NKM de la direction des Républicains.


En somme l’extrême droite semble satisfaite de ses progrès historiques, la gauche souffle de soulagement de son résultat et se pose en barrière morale au FN et enfin la droite se réjouit de son score en affichant son contentement à s’affirmer encore plus à droite alors…que demande le peuple ?

… autre chose peut-être.



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jeudi 12 novembre 2015

Régionales : à moins d'un mois du premier tour

régionalesDans une pré-campagne électorale qui peine à mobiliser les esprits, les pourtant proches élections régionales ne s’imposent toujours pas dans l’opinion comme une échéance majeure et mobilisatrice.

Sans doute, le manque de connaissance des Français pour le fonctionnement de cette collectivité locale et de ses attributions ainsi que la façon fantaisiste et presque éthérée dont elles ont été arbitrairement regroupées ne contribuent-ils pas – à la différence des élections municipales par exemple – à créer une forte mobilisation citoyenne.

Des régions mal connues et mal comprises :

Comme évoqué dans un précédent billet également, le mode de scrutin et – à l’exception des têtes de liste régionales – le mode de désignation des candidats ne semble pas compenser, loin s’en faut, ce déficit d’intérêt.

De fait, à moins d’un mois du premier tour du scrutin, 46% des électeurs inscrits annoncent ne pas être intéressés par ce scrutin, 35% d’entre eux déclarent ne pas être capables de dresser un avis sur la gestion de leur région et la participation prévue reste scotchée à un étiage très bas de 40%.

Mieux encore, dans les régions qui font l’objet de fusion (ce qui est le cas de Rhône Alpes Auvergne) : les électeurs considèrent que ces fusions ;

- pour 54% ne sont pas une bonne chose,

- pour 69% qu’elles vont affaiblir la proximité entre élus et citoyens,

- pour 58% enfin qu’elles ne génèreront pas d’économies et de réduction de dépenses publiques. (Sondage Ipsos du 6 novembre2015)

Et si parmi les préoccupations déclarées des électeurs face à ce scrutin figurent dans l’ordre l’emploi, les impôts, l’insécurité, le pouvoir d’achat et l’immigration ; les régions françaises ne disposent que de peu ou pas du tout de levier d’action significatif sur chacun de ces sujets. C’est le cas notamment en matière fiscale ou depuis 2011 – à la différence des communes, groupement de communes ou département – elles ne votent plus le taux d’aucun impôt direct local.

Si les listes de droite républicaine profitent du « mouvement balancier » de sanction de la politique gouvernementale comme il est d’usage dans ces scrutins intermédiaires en France et en Europe (la liste de la droite au pouvoir en Espagne s’est effondrée à moins de 13% aux récentes élections régionales en Catalogne), c’est néanmoins le Front National qui marque – pour l’instant – le plus de points.

Le FN en embuscade :

L’extrême droite serait en effet créditée de 3 victoires régionales potentielles (PACA / Nord Pas de Calais / Champagne Ardennes) et en Rhône Alpes Auvergne, dans les intentions de vote au second tour face à un PS qui stagne – mais qui fait désormais jeu égal avec la droite – le FN progresse de 2 points à 26% d’intentions de vote. (Sondage IFOP Fiducial des 27-30 Octobre 2015)

Enfin, et ce n’est pas neutre et marque une évolution significative des esprits, plus d’un Français sur 2 se déclare ne pas être gêné par le fait que le FN s’empare d’une présidence de région à l’occasion de ces élections…

Il n’est pas certain que les récentes déclarations surprenantes de Manuel Valls appelant à l’union droite-gauche face au FN avant le premier tour, en accélérant l’affaissement des listes socialistes dans certaines régions, ne fassent pas in fine … l’affaire de l’extrême droite.


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jeudi 22 octobre 2015

Une grande région ?

Grandes_Re_gions.jpgParmi les questionnements même iconoclastes évoqués dans mon précédent billet au sujet des élections régionales à venir figurait la façon inconséquente et incompréhensible dont avait été refondue la carte des régions françaises.

En effet, presque dessinée – à l’« arrache » sur un coin de table – la « réforme » de la nouvelle géographie régionale est bien plus un piètre maquillage politique qu’une vision de ce que pourrait être un début de refonte d’une organisation moderne des territoires et de la sphère publique française.

Plus grande ou très grande région ?

A plus d’un titre – et peut-être avant tout parce que Lyonnais et Provençal d’origine – je reste convaincu que , par exemple, une Région Provence Rhône Alpes Côte d’Azur était susceptible de constituer une entité politique et économique d’un poids considérable.

Avec près de 11,5 millions d’habitants, alignée sur des axes naturels et modernes de transport, des débouchés fluviaux et maritimes, 3 des 5 aéroports les plus fréquentés du pays ; cette région offrirait 12 mois sur 12 un des plus forts attraits touristiques d’Europe et consoliderait 17% du PIB national. On pourra objecter mille et une raisons pour trouver cette idée inepte, mais il reste néanmoins vrai qu’il faut – au mieux – 5h30 pour aller en train de Lyon à Aurillac contre 1h40 et 4h30 pour aller de Lyon à Marseille et Nice.

D’ailleurs, lorsqu’il s’est agi de désigner nos députés européens, le législateur n’a-t-il pas considéré que ces deux régions ne constituaient déjà qu’une seule et même circonscription représentée par les mêmes élus. Pourquoi ce qui vaudrait à la maille européenne deviendrait inepte au plan régional ?

Et pour rester dans un champ de comparaison communautaire ; 3 des 16 Länders allemands comptent plus de 10 millions d’habitants dont 17,5 millions pour la seule Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Région de Düsseldorf). Les « raisons » qui ont prévalu à ce « redécoupage » français restent donc incompréhensibles du commun des électeurs et … totalement absentes du débat pré-électoral.

Concentrant plus de pouvoirs ?

La métropolisation qui a permis de fusionner – à titre d’exemple – le département et communauté urbaine lyonnaise semble être aujourd’hui une décision politique et juridique qui a reçu l’assentiment de l’ensemble de la classe politique.

De la même façon, une extension horizontale même mal aboutie du territoire des régions ne pouvait- elle pas s’accompagner d’une absorption verticale des départements? (1) Ce qu’il était intelligent de faire ici deviendrait-il stupide ailleurs ?

On ne cesse de nous rebattre les oreilles avec la nécessité de simplifier et réduire le poids du secteur public. Ne serait-ce déjà même que les suppressions de charges publiques les plus immédiates qui porteraient en premier lieux sur les 4 108 élus départementaux et leurs coûts de fonctionnement et indemnités serait toujours ça de gagné.

Cela donnerait surtout assurément une légitimité et un crédit considérables au discours des politiques qui – entendant réduire les dépenses publiques…des autres – donneraient là un signal puissant et exemplaire.

Mieux incarnées sur le terrain.

Des régions plus fortes économiquement conduites par des élus désignés au scrutin uninominal représentatifs et accessibles sur leur territoire, choisis pour leur crédibilité, leur présence au contact réel et local des « vrais problèmes des vrais gens », cela donnerait à ce pouvoir décentralisé et renforcé par la fusion avec les départements, une réalité plus profonde et plus tangible.

Même les députés français – « élus de la nation indifférenciée » comme le stipule la constitution – qui votent la loi au niveau national sont désignés par ce mode de scrutin personnalisé et ancré localement.

Peut- on continuer durablement de croire que la légitimité de ce pouvoir humain et de proximité local peut continuer à s’appuyer sur un scrutin de liste sans que cela n’aboutisse à créer – à l’exception des têtes d’affiche – une sorte de personnel politique de « deuxième division ». Personnel politique qui s’exonèrerait de « mouiller individuellement la chemise » sur son terrain pour gagner sa compétition aux motifs que la partie se jouerait par la place occupée sur la feuille collective de match avant même que ne s’engage la partie.

On entend souvent le reproche fait aux politiques d’être hors sol et coupés du monde réel alors évitons de réitérer cette pratique au sein de pouvoirs locaux de régions, surtout si on les projette plus grandes et plus fortes.

Ce ne sera pas pour ces régionales-là mais qui sait, peut-être un jour…




(1) Certains y avaient pensé. Rapport Balladur : Collectivités locales : controverses conclusions du comité Balladur.






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jeudi 15 octobre 2015

Questions Régionales

logo.pngA moins de deux mois du premier tour, les élections régionales ne semblent pas mobiliser l’opinion au point que 55% de nos concitoyens déclarent ne pas avoir [l’intention de voter lors de ce scrutin (3% de plus d’intention d’abstention déclarée par rapport au dernier scrutin du genre).

Doit-on voir dans ces premiers sondages la conséquence d’un redécoupage territorial récent et dont les critères aussi obscurs que bâclés tardent à prendre corps dans la perception des électeurs ?

Doit-on y mesurer une méconnaissance politique des prérogatives assignées et gérées par cette collectivité locale décentralisée ?

Doit-on y percevoir une absence d’orientations programmatiques ou projets globaux clairement affirmés par telle ou telle famille politique ou leurs candidats ? Doit-on y constater la conséquence de la tardive véhémence de certains des opposants au sein des Conseils Régionaux sortants qui ne se mettent à critiquer publiquement les exécutifs en place que depuis quelques semaines ?

Doit-on y voir la conséquence – dans certaines régions – à 52 jours du vote – du fait que ne soient toujours pas désignés (ni comment ils le seront) les candidats conseillers régionaux sensés représenter localement les territoires et leurs spécificités dans cette assemblée …elle aussi avant tout locale ?

Doit-on enfin y voir une incidence du mode scrutin de liste départemental qui à la différence d’un scrutin uninominal sur une base territoriale plus restreinte qui favorise les politiques de terrain, accessibles et appréciés localement qui de fait cumulent peu ou pas de mandats. Scrutin uninominal qui permet de favoriser également la concurrence et le renouvellement sans lequel et selon les critères de composition des listes, on risque fort de voir certaines régions basculer d’un camp à un autre avec pourtant – toutes listes confondues – près de 50% des sortants réélus quand même.

Il est probable que la crédibilité de plus en plus contestée des appareils politiques traditionnels conjuguée à une élection qu’ils verrouillent et où le bon positionnement sur une liste prévaut sur la réalité d’expérience, de compétence, de disponibilité et de popularité ne créent pas les conditions optimales d’un exercice exaltant de démocratie même locale.

Le débat étant une façon de rendre vivante la politique, c’est donc dès à présent qu’il serait intéressant d’entamer – et sans langue de bois – les questions clefs que cette élection va susciter ou … éviter.

La refonte territoriale des régions, leurs compétences et leur mode de scrutin sont-ils adaptés aux besoins et aux enjeux locaux, nationaux et européens ?

Face aux préoccupations des électeurs dans cette élection à savoir en premier lieu le développement économique et les aides aux entreprises ainsi que l’emploi à travers l’apprentissage notamment, comment s’assurer que ces sujets seront incarnés et dans quelle proportion par de nouveaux élus issus de ces secteurs d’activités et exclusivement mobilisés sur ce mandat?

Sommes-nous avec le risque de basculement de certaines régions au Front National, face à une nouvelle étape de prise de distance entre un peuple et des politiques classiques dont représentativité du corps social français ne cesse de s’amenuiser?

S’agissant plus spécifiquement de la nouvelle Région Rhône Alpes Auvergne, quels sont les enjeux particuliers à cette collectivité locale qu’ils soient politiques, territoriaux et économiques ?

Lançons nous donc dans ces questionnements.

Peut-être ainsi, même de façon iconoclaste réussirons-nous à passionner pour cette élection autour de nous bien au delà du seul cercle – même sil est déjà fort conséquent – de celles et ceux qui rêvent de figurer en bonne place sur les listes de candidats.



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jeudi 17 septembre 2015

Lyon à la conquête du marché allemand.

2368136Les récents évènements relatifs aux flux migratoires aux portes de l’Europe ont mis en exergue une position particulière de l’Allemagne par rapport à ses partenaires communautaires et plus particulièrement la France.

Certes, comme évoqué dans mon précédent article, la situation économique et démographique de nos voisins d’outre Rhin et leurs besoins tant d’accroissement de population que de main d’œuvre sont singuliers. Sans apports extérieurs conséquents, la faiblesse de la fécondité allemande prépare une perte annuelle de près de 200 000 travailleurs dans la décennie à venir.

Ce qui amène à une double difficulté :

- à court terme, un risque de perte de compétitivité à l’export en partie favorisée par des couts salariaux bas,

- à moyen terme, une menace sur l’assise au recouvrement du financement des retraites en portant le ratio de la population dépendante des contributeurs de 31 à 41% et ce, dès 2020.

Pour autant, et même si pour la première fois, la France n’est plus le premier client de l’Allemagne – au premier semestre, ce sont les USA qui ont devancé cette position que nous détenions depuis 1961 – ce pays reste « l’homme fort » de l’Europe et un marché insuffisamment appréhendé par les entreprises françaises.

La France – pour des raisons historiques « variées » – entretient des relations des relations étroites et complexes avec l’Allemagne. Ennemis durant trois guerres ; amis réconciliés devant l’histoire et partenaires indissociables au sortir du dernier conflit ; l’idylle franco-allemande est plus tiède depuis depuis sa réunification.

On prête à André Mauriac d’avoir écrit « j’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait deux » , sans doute ce trait d’esprit reflète-t-il la nostalgie politique d’une France qui se sentait renforcée de pouvoir revendiquer son alliance protectrice avec un voisin « tronqué » pour asseoir sa propre position internationale.

Réunifiée, concurrente transformée en leader économique et … devenu le pays qui pèse le plus – même seul – sur les décisions européennes ; cette nouvelle Allemagne impressionne, complexe voire-même agace en France.

Justement et pour porter un regard plus impartial qui balaie les lieux communs et favorise une meilleure connaissance des différents marchés économiques allemands et de la façon de s’y développer, un colloque ouvert « Rhin & Rhône Confluence » se tient à Lyon ce 1er octobre, un colloque dont l’ambition est de consacrer « 10 heures pour mettre en place votre business avec l’Allemagne ».

Placé sous le haut patronage du Consulat Général d’Allemagne et organisé par le Club des Entreprises et Entrepreneurs du 6e et en partenariat notamment de la Mairie du 6e arrondissement de Lyon ; ce colloque – à travers rencontres, échanges et tables rondes avec des acteurs et experts de l’approche des marchés allemands – permettra de mieux comprendre ce en quoi et comment l’Allemagne peut constituer une opportunité économique pour des entreprises ou projets d’entreprise français.

Entrepreneurs ou en projet de le devenir, décideurs ou analystes – entre nostalgie, complexe ou ambition – sans doute ce colloque est-il une façon d’actualiser et rendre plus objective votre connaissance et l’accessibilité à ce pays et … ce marché.

Colloque Rhin & Rhone Confluence

Tarif 40€ , comprenant les pauses, le déjeuner et le cocktail du soir.

Mairie du 6ème arrondissement 58 rue de Sèze 69006 LYON

PROGRAMME ET INSCRIPTION




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dimanche 6 septembre 2015

La morale de l'Histoire.

AylanComment ne pas avoir envie de réagir, de déborder d’indignation face à la diffusion mondiale du cliché du cadavre de ce gamin échoué sur le bord d’une plage grecque?

Migrant, réfugié, clandestin voire même dans certaines nauséeuses polémiques victime de l’inconscience d’adultes qui ont – pour des raisons plus ou moins recevables selon les « bad buzz » - mis en péril leur famille face aux dangers de la mer, il n’en demeure pas moins vrai que cette image est épouvantablement choquante.

A l’heure du déversoir planétaire en live des émotions à bons compte, cette photo semble réveiller un esprit international du 3 septembre comme il y eut en France un fugace « esprit du 11 janvier ».

En publiant cette photo sous la légende « somebody’s child » (l’enfant de quelqu’un), le parti pris du journal The Independant a été de considérer "Si ces images extraordinairement puissantes d'un enfant syrien mort échoué sur une plage ne changent pas l'attitude de l'Europe face aux réfugiés, qu'est-ce qui le fera ?"

Emotion and motion :

De fait, l’attitude de l’Europe semble être de se mettre en mouvement mais … sans organisation et avec une efficacité très discutable. Corrélativement à cette violente interpellation des consciences par l’image, les journaux nous renvoyaient celle d’une une Hongrie « insensible et répressive », une Autriche embarrassée et une Allemagne … généreuse envers la misère des migrants et ce, après être apparue si intransigeante face à la détresse économique de ses « co-citoyens » grecs.

Toujours désordonnée, sans colonne vertébrale politique et ni désormais morale, l’Europe ne s’avère pas plus à la hauteur de ce rendez-vous de l’histoire qu’elle ne le fut pour assister et protéger ses futurs ressortissants et voisins lors de l’embrasement des Balkans dans les années 1990.

En déclin démographique et avec une meilleure croissance économique que notre pays, l’Allemagne a un réel besoin d’immigrés et adopte une posture moralisatrice face à ses voisins que la presse d’outre Rhin présente comme une « Union d’égoïstes » insensible à des populations persécutées. Voisins qui n’ont économiquement – rappelons-le – ni les mêmes moyens … ni les mêmes besoins.

D’avaricieux comptable face à Athènes, l’Allemagne serait-elle devenue fort opportunément phare des consciences européenne ?

Deux nuances s’imposent à cette belle « reconversion » politique.

D’une part, les migrants dont l’Allemagne cherche à prioritairement favoriser l’accueil sont des émigrés économiques venus chercher de meilleures conditions de vie que dans leur pays d’origine et qui – sans sombrer dans les poncifs de bistrot – cherchent avant tout du travail plutôt que l’accès à une fantasmagorique corne d’abondance d’aides et allocations de toutes sortes. Et ce sont ces flux migratoires qui « fournissent l’essentiel » de l’horreur des cadavres échoués en méditerranée ou des morts par accident dans le tunnel sous la Manche.

D’autre part la menace d’un Islamisme aussi débile que radical dont la violence, la rage meurtrière et la folie pillent, détruisent, violent, torturent et tuent des populations entières sans défense alimente désormais l’Europe de flots de réfugiés qui « ne » cherchent « qu’ » à sauver leur peau.

Dans ce registre, la France par exemple s’est retrouvée fort seule à mettre militairement un coup d’arrêt à la guerre des forces réunies du MNLA, Anse Ardine, AQMI et du Mujao au Mali – prévenant ainsi pour l’instant d’une propagation de cette peste assassine en Afrique de l’Ouest. Le soutien européen y compris financier et en particulier allemand fut moins conséquent et exemplaire que l’actuel regain humaniste de Berlin.

Le choc de photos mais aussi le poids des mots.

Les crises financières et économiques mondiales qui secouent le globe depuis 2008 sont la principale cause de l’accroissement des flux de migrants et la difficulté d’y apporter des solutions humainement plus dignes est essentiellement financière. « Toute la misère du monde » est et restera difficilement résorbable par une partie du monde moins défavorisée mais qui ne parvient désormais même plus à préserver ses propres miséreux chaque jour plus nombreux. On peut continuer à le regretter mais on ne peut néanmoins plus l’ignorer.

La question des réfugiés politiques, ethniques ou religieux dont l’existence est menacée est un toute autre problème. Le problème n’adresse pas les bons sentiments que sont la générosité ou ne serait-ce même la charité, il interpelle les consciences dans leur humanité la plus essentielle. Les cimetières, charniers, camps de concentration de notre histoire occidentale sont le permanent acte d’accusation cinglant et sanglant de nos mémoires. Mémoires des hésitations politiques ou militaires, mémoires des frontières qui se fermèrent, des quotas dérisoires qui s’instaurèrent. Mémoires enfin des impuissances des émotions sans suite, de la dérision des incantations de la morale face à la force des assassins.

Sauver les migrants en danger de mort est une urgence immédiate indiscutable. Sans doute cette action s’exécutera-t-elle au prix d’une nécessaire réduction des autres flux migratoires.

Vraisemblablement devra-t-elle surtout connaître des développements militaires autres que des frappes ciblées ou des vols de reconnaissance supplémentaires.






''Quelques chiffres clefs pour sur la réalité des réfugiés politiques

1/ Les trois pays qui accueillent le plus de réfugiés politiques sont dans l’ordre le Pakistan avec 1,6 million de réfugiés, l’Iran avec 857 000 réfugiés et le Liban avec 856 000 réfugiés.

2/ 90% des demandeurs d’asile et des réfugiés vont dans des pays proches ou frontaliers.

3/ Ramené à la population du pays, la France est 12e position en Europe en nombre de demandes d’asile enregistrées par millier d’habitants.''




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lundi 15 juin 2015

Gestion de Lyon : voyage en terre inconnue...

mairie Comme dans la vraie vie ; celle des entreprises, des commerces mais aussi celles des vrais gens ; dans une situation de crise économique, on n’a pas les moyens d’ajuster indéfiniment ses ressources à ses dépenses.

Pour la première fois depuis…toujours, l’actuelle municipalité de Lyon se trouve dans la situation de devoir tout simplement gérer comme dans la vraie vie.

Les dotations de l’Etat se sont considérablement réduites et ce n’est vraisemblablement pas terminé.

L’inexorable augmentation des impôts en début de mandat – sorte de prime au vainqueur depuis 2001 – ne suffit plus à nourrir l’illusion d’une gestion lyonnaise qui serait une sorte de modèle en la matière et assurerait aux « locataires-gérants » de la ville six années supplémentaires « tranquilles ».

Certains auront beau jeu de tenir un inventaire chagrin des engagements non tenus par rapport aux fastes électoralistes de mars 2014 mais ce que révèle le retard considérable à rendre public le PPI (Plan Pluriannuel d’Investissements) de Lyon pose une autre dimension du problème.

Les dépenses publiques françaises ne sont plus sous contrôle et la question de la réforme structurelle des secteurs publics et de leurs coûts est soigneusement évitée…pour combien de temps encore.

Comme beaucoup de villes de France et – Lyon encore plus qu’ailleurs – a jusqu'à maintenant bénéficié d’une hausse régulière de ses ressources ; dotations de l’état en croissance jusqu’en 2010, contexte géo - économique local favorable et une assiette de contributeurs aux taxations locales en expansion.

De plus, pour présenter 6 ans plus tard un projet attractif à chaque élection municipale, on a – avec six ans d’avance – systématiquement augmenté d’un coup les impôts locaux.

Du coup, on peut tranquillement embaucher, investir, moderniser et mettre la ville – et parfois ses élus – en scène mieux et plus qu’ailleurs. On peut même tenter de faire croire que la crise s’est arrêtée aux portes de la ville et que finalement 5% d’impôts en plus ou en moins…

Ce qui fut présenté comme un modèle n’est en fait qu’une recette qui ne fonctionne plus. Et on voit bien là, la difficulté à arbitrer un plan pluri annuel d’investissement (PPI) qui ne sort que maintenant, près d’un an et demi après les municipales.

Elue pour la troisième fois consécutive, cette équipe ne saurait masquer le réel désarroi politique que traduit ce retard derrière de l’inexpérience.

Pas plus que ne serait recevable l’excuse de l’installation de la Métropole, à moins que l’annonce de ce PPI ne révèle un plan d’économies structurelles fondé sur les synergies dégagées par cette nouvelle organisation territoriale – comme cela se passe aussi … dans la vraie vie économique.

De tout ça il n’est finalement rien.

De modèle audacieux et de changement de paradigme, il n’en sort aucun.

Ici on refera une fontaine sans refaire la place, là on refera une rue mais juste en surface. Exit quelques promesses passées, augmentons encore quelques tarifs (transports, stationnements, équipements sportifs) et un coup de rabot sur les dépenses…

… et quelques actes forts – qui auront de valeur de symbole dans l’opinion – et qui s’inscrivent dans le sens de l’histoire et l’évolution de la ville …

... après un internat pour enfants, on fermera deux maisons de retraite.

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