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lundi 13 février 2017

Sortir du piège.

Fillon.jpg
Depuis le début de la tourmente médiatique qui a suivi les révélations du « Pénélope Gate », François Fillon ne parvient plus à faire campagne. Ce qui occupe le devant de la scène, c’est une interminable série-feuilleton.
Les informations savamment séquencées et les soubresauts politico-judiciaires se mêlent désormais aux agitations bruyantes et médiatisées de quelques protestataires et donnent l’impression d‘un candidat empêtré, coupé du terrain, empêché de campagne électorale présidentielle.

Cette position « sur-place » et « sous le feu » crée le doute auprès de ceux qui – rejoignant le mouvement au cours de la primaire – espéraient en cette candidature autant qu’elle exaspère les militants fillonistes de la première heure.

Le problème, c’est que les premiers constituent le plus gros des troupes militantes des Républicains (Sarkozystes puis Juppéistes) que les seconds suspectent les premiers de mollesse quand ce n’est pas … d’être complices de l’offensive anti-Fillon.

Si tout cela n’était qu’un piège, force est de constater qu’il fonctionne.

D’où que vienne cette offensive et quels que soient ceux qui semblent en tirer profit – pour l’instant – la seule question est de savoir comment sortir de cette zone de mort politique.

Si les investigations judiciaires n’entraînent aucune poursuite contre François Fillon et/ou les siens et que, concomitamment, le candidat reprend significativement du terrain face au véritable ectoplasme politique qu’est Emmanuel Macron ; il faudra à la fois :

  • Accélérer spectaculairement la campagne ; aligner manifestations de force sur le terrain et grands messes « à la Sarko » pour réaffirmer ce qu’était originellement la dynamique de cette campagne imperdable pour une alternance franche et forte aux cinq années pathétiques de la Présidence Hollande.
  • Affirmer un dispositif législatif exceptionnel d’urgence de moralisation de la vie publique. Dispositif si exceptionnel et si urgent qu’il permettra de démontrer solennellement à quel point la colère froide personnelle du candidat s’est effacée pour prendre en considération l’immense colère noire collective de celles et ceux qui ont été ulcérés d’apprendre qu’on pouvait employer – avec de l’argent public et sans contrôle – femme et enfants avec des rémunérations plus élevées que 90% des salariés du pays.
  • Faire son deuil de certaines mesures trop « libérales » en matière de réforme de la sécurité sociale notamment.

A ce prix, l’élection peut encore être gagnée.

A ce stade, le député du Rhône Georges Fenech a raison a minima sur un point ; en choisissant volontairement de retirer sa candidature en cas de poursuite judiciaire, François Fillon a lui-même exposé la poursuite de son parcours politique – et avec lui celui de son camp – à la seule décision d’un magistrat.

De fait, il ne reste plus qu’à attendre la suite… …mais quelle qu’elle soit, il faudra agir et très vite.




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mercredi 1 février 2017

Présidentielles 2017: le divorce ?

FRANCE/Face aux très préoccupants défis internationaux et une situation nationale grave ; à la différence de tous les autres compétiteurs en lice à ce jour, François Fillon est le seul candidat qui a une carrure et un programme de présidentiable.

Pourtant, il est en passe d’être devancé dans cette élection même par le « touchant » et irréaliste Benoît Hamon, inattendu vainqueur de la primaire de ce qui s’avère n’être qu’une belle mésalliance de surcroit impopulaire.

S’il n’a pas mis à profit l’élan qu’avait suscité sa victoire pour occuper rapidement le terrain en force, il est maintenant embourbé dans une tourmente politico-médiatique à laquelle il n’oppose que la froide assurance de celui qui n’a pas enfreint le droit.

Et je suis convaincu qu’il le fait « à bon droit ».

Le problème, c’est que ce n’est plus une question purement juridique.

L’opinion publique n’est pas un auditoire d’amphithéâtre de fac de droit.

Jusqu’à ce qu’une éventuelle nouvelle loi ne l’interdise, lorsqu’on est parlementaire, il apparaît donc tout à fait légal, avec des fonds publics ;

- de salarier en home-office son épouse pendant des années avec un salaire mensuel 4 fois plus élevé que celui d’un ouvrier,

- de salarier ses propres enfants étudiants (donc a priori à temps partiel) avec le salaire d’un cadre supérieur (à temps complet).

La question de la légalité sera tranchée par la justice et peut-être même assez vite.

La question est maintenant de savoir si une majorité de Français voire même une majorité des Français de droite sont favorables à ces pratiques et surtout, si elles confortent un candidat à la Présidence de la République pour incarner une rigueur budgétaire qui se traduirait – même si certains seront nécessaires – par de nouveaux sacrifices financiers pour de nombreux concitoyens.

Car pour l’instant et même si ces pratiques – tous bords confondus – sont encore le fait de nombreux élus, peu d’entre eux semblent en exprimer la moindre gêne ou le moindre regret et c’est bien cela qui accentue des tensions de plus en plus vives.

Le problème, c’est que s'il continue à se maintenir dans une seule posture de juridicité, François Fillon ne se distinguera plus de ces élus-là.

Ce n’est pas le peuple français qui est en train de divorcer de sa classe politique. Néanmoins, vote après vote, il s’en sépare régulièrement.

En continuant à ne pas l’entendre, attention à ce que ce ne soit pas la classe politique qui soit en train de divorcer du peuple.



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mercredi 3 février 2016

La France qui marche sur la tête.

marcherLa France a été colbertiste dans sa reconstruction d’après-guerre, jacobine et dirigiste du fait de la déconfiture politique de le 4e République.
Après De Gaulle et Pompidou, grisée et laxiste pendant ses périodes de croissance économique, elle s’est progressivement laissée enkyster dans une gangue «administrativo-juridico-publique» dont elle n’a accessoirement plus les moyens mais surtout obstacle premier à son redressement.

Le coup d’état silencieux*

En effet, cumulés à 40 000 pages de droit communautaire et 400 000 normes, les 10 500 lois et 127 000 décrets régissant notre cadre légal constituent un frein considérable à l’initiative et l’investissement en France.

Si par folie, il venait à nos administrations l’idée saugrenue de tous les appliquer avec zèle, il y a fort à parier que notre pays collapserait immédiatement à la fois par paralysie et suffocation.

Dans son numéro du 28 janvier*, l’hebdomadaire Le Point rappelle que le coût net des nouvelles normes entre 2009 et 2014 s’élève en moyenne à 1 milliard d’Euros par an. De fait, il faut encore 7 ans pour mener à bien un projet immobilier d’envergure dans une agglomération.

En zone rurale, les choses ne sont guère plus fluides, la majeure partie des terrains – même jouxtant des bâtisses existantes – sont par défaut et par principe classés agricoles et non constructibles. Peu importe que rien n’ait été cultivé depuis des décennies sur un lopin de terre, vous ne pouvez rien y installer … pas même un abri de jardin ou des panneaux photovoltaïques pour chauffer écologiquement votre masure.
A l’heure de la volonté affichée d’écologie, de la lutte contre la désertification et de la recherche absolue de croissance, la France marche sur la tête.

Même le prétendu volontariste « choc de simplification » affiché par l’actuel locataire de l’Elysée a fait long feu face à la puissance d’inertie et de blocage de notre fonction publique.
François Hollande avait tenté d’apparaître audacieux en établissant le principe d’acceptation et non plus de rejet en cas de silence de l’administration à une demande qui lui serait adressée.
Révolution fondamentale qui ne traduira finalement que par un« flop de simplification » face à laquelle l’Etat s’est empressé de produire 24 000 procédures d’exception.

Non seulement la France marche sur la tête mais son administration foule aux pieds celles de ses dirigeants.

Un pouvoir sans contre-pouvoir

Sans évaluation extérieure et indépendante de ses justifications et de ses performances, avec des rémunérations évoluant à l’ancienneté – qui plombent de 1,2 milliards d’Euros supplémentaires par an nos comptes publics et empêche toute réelle gratification des mérites individuels – le secteur public est devenu un "Etat de sur-droits" dans l’Etat.

A l’heure d’une France en crise profonde dans un monde ouvert, concurrentiel, en quête constante d’innovation et de rentabilité ; plusieurs millions de nos salariés publics sont affranchis du droit commun du travail, de la compétition, des rémunérations liées aux résultats et surtout de la menace du chômage.

S’il est des droits acquis inattaquables en matière sociale, soit ils le sont pour tous, soit la situation exige qu’ils se calent sur une norme évolutive conditionnée par la conjoncture et ils s’imposent à tous également.

Il s’agit là d’un des enjeux capitaux de 2017 et du renouvellement indispensable de personnel politique et des origines de ces personnels.
Avec une Assemblée Nationale où plus d’un député sur 2 est actuellement issu de la fonction publique alors qu’elle ne représente qu’ 1 actif sur 5, on n’est pas prêt de voir aboutir la réforme structurelle et surtout la baisse des dépenses publiques nécessaires à la relance de notre pays.
Pas plus que l’on ne peut espérer qu’une politique experte en matière de dynamisation du secteur privé et concurrentiel n’émane de cet environnement consanguin et « immunisé » de cette réalité économique.

Avec une masse salariale annuelle de 278 milliards d’Euros, un quart de sa dépense publique (alors que dans la pire des crises qu’elle connaît, le déficit de l’assurance chômage ne sera en comparaison « que » de 4,4 milliards d’Euros en 2015) notre pays continue pourtant de produire des fonctionnaires.

Dans les deux dernières années, la France a créé près de 40% des emplois publics de la zone Euro … contre 2,71% des emplois privés.

S’il est des activités de sécurité, de santé et d’éducation qui dépassent – à juste titre – le cadre purement mercantile, on ne peut plus préserver ce « sur-Etat de fait » et son accroissement sous couvert de la seule sacro-sainte notion de service public.
Lorsqu’on compare les horaires d’ouverture de certaines administrations nationales ou locales à ceux d’une boulangerie ou d’un supermarché, on peut légitimement s’interroger du secteur qui assure le mieux le service au public.

Qui pèse sur la compétitivité.

Ces charges pèsent lourd dans les comptes publics et la fiscalité française et par ruissellement notamment sur celle appliquée au coût du travail. Contrairement aux idées reçues, la productivité horaire française est parmi les plus élevées et la place au 6e rang mondial, devant l’Allemagne.
De plus, les salariés français (cadres comme non cadres) travaillent en moyenne une heure de plus par semaine qu’outre Rhin. Et à celles et ceux qui affectionnent les comparatifs de productivité ciblés avec l’Allemagne, il faudrait surtout rappeler que son taux d’administration est de 50 emplois publics pour 1000 habitants là où il grimpe à 90 en France.

A l’heure où il semble que la mode fugace des idées temporairement consensuelles soit de considérer qu’il faille réduire les allocations des chômeurs au moment où ils sont les plus nombreux et, alors même que cette mesure s’est déjà révélée sans effet dans le passé, feignons de croire que cela va faire s’engouffrer et disparaitre les 3,6 millions de demandeurs d’emploi dans les 300 000 emplois supposés régulièrement vacants.

En somme, on envisage de réduire le débit l’eau au plus fort de l’incendie.
Est-ce bien là la réelle priorité?
Avec une telle « mesure », il ne faudra pas venir se plaindre des scores à venir du front National.

Finalement, à l'instar de la déchéance de nationalité pour faire face au risque terroriste, pondre une décision ou faire une loi de plus dont on sait qu’elle n’aura pas d’effets sur l’objet qu’elle poursuit, n’est-ce pas le cœur de l’actualité politique du moment ?

CQFD non ?



(* Le Point N° 2264 du 28 janvier 2016 / le coup d'état silencieux, ces bureaucrates qui dirigent la France)


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mardi 15 décembre 2015

Qui a gagné les Régionales ?

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Si la question est ainsi posée, c’est que la réponse n’est pas si évidente.

Passée la douche froide du premier tour qui confirme le Front National comme premier parti de France, les nouvelles donnes politiques issues de ce scrutin sont un peu troublées.

Le FN en premier parti de France.

Déjà aux dernières élections européennes, l’extrême droite avec 24,86% des suffrages, avait devancé de 4% l’UMP mais les centristes de leur côté – dans une consultation qui leur est traditionnellement favorable – avaient frôlé les 10%.

Au premier tour de ces régionales – seul et sans faire campagne – le Front National rassemble cette fois-ci près de 28% des voix et devance d’un point les listes fusionnées de la droite et du centre.

Pour autant, malgré le plus haut score en voix jamais obtenu, le fameux « plafond de verre » n’a pas été franchi et une meilleure mobilisation et les désistements socialistes ont empêché qu’une seule région ne bascule à l’extrême droite.

Mais avec près de 360 conseillers régionaux élus contre 118 en 2010, le FN sourit et clame haut et fort ne pas avoir perdu.

La gauche tire son épingle du jeu et s’affiche à la tête du front républicain.

Traditionnellement épouvantables pour les majorités au pouvoir, les résultats de ces élections régionales n’ont pas été aussi désastreux qu’ils le furent en 2004 et 2010.

La droite à l’époque aux affaires avait été littéralement effacée de la carte des présidences de région française. La gauche très malmenée au premier tour conserve 5 des 12 régions métropolitaines.

En retirant ses candidats en Nord Pas de Calais et en PACA, elle a fait le pari d’empêcher les Le Pen de gagner.

En analysant les résultats dans ces deux régions où le FN profite également et significativement de la meilleure participation au second tour, il est établi – n’en déplaise à certains – que MM. Bertrand et Estrosi doivent leur victoire à l’appui de la gauche.

La droite en progrès

Avec sept régions métropolitaines dans son escarcelle, la droite remonte la pente mais ce n’est plus au rythme de l’escalade athlétique des municipales ou des départementales.

Elle doit deux des bastions conquis au soutien de la gauche et ces deux présidents nouvellement élus devraient – à l’avenir – confirmer des trajectoires politiques sensiblement plus ouvertes que la ligne politique de leur mouvement.

Par ailleurs, elle doit deux de ces plus emblématiques victoires – l’Ile de France et Rhône Alpes Auvergne – à deux profils déjà montants que leur succès, appuyé sur des positions plus autonomes et/ou des attitudes politiques plus tranchées, devrait encore d’avantage affranchir de toute dépendance à quelque figure tutélaire ou retenue idéologique.

Et tout cela, dans une ambiance de primaire présidentielle féroce qui a commencé au lendemain de l’élection et dont le premier acte se traduit par l’éviction de NKM de la direction des Républicains.


En somme l’extrême droite semble satisfaite de ses progrès historiques, la gauche souffle de soulagement de son résultat et se pose en barrière morale au FN et enfin la droite se réjouit de son score en affichant son contentement à s’affirmer encore plus à droite alors…que demande le peuple ?

… autre chose peut-être.



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jeudi 12 novembre 2015

Régionales : à moins d'un mois du premier tour

régionalesDans une pré-campagne électorale qui peine à mobiliser les esprits, les pourtant proches élections régionales ne s’imposent toujours pas dans l’opinion comme une échéance majeure et mobilisatrice.

Sans doute, le manque de connaissance des Français pour le fonctionnement de cette collectivité locale et de ses attributions ainsi que la façon fantaisiste et presque éthérée dont elles ont été arbitrairement regroupées ne contribuent-ils pas – à la différence des élections municipales par exemple – à créer une forte mobilisation citoyenne.

Des régions mal connues et mal comprises :

Comme évoqué dans un précédent billet également, le mode de scrutin et – à l’exception des têtes de liste régionales – le mode de désignation des candidats ne semble pas compenser, loin s’en faut, ce déficit d’intérêt.

De fait, à moins d’un mois du premier tour du scrutin, 46% des électeurs inscrits annoncent ne pas être intéressés par ce scrutin, 35% d’entre eux déclarent ne pas être capables de dresser un avis sur la gestion de leur région et la participation prévue reste scotchée à un étiage très bas de 40%.

Mieux encore, dans les régions qui font l’objet de fusion (ce qui est le cas de Rhône Alpes Auvergne) : les électeurs considèrent que ces fusions ;

- pour 54% ne sont pas une bonne chose,

- pour 69% qu’elles vont affaiblir la proximité entre élus et citoyens,

- pour 58% enfin qu’elles ne génèreront pas d’économies et de réduction de dépenses publiques. (Sondage Ipsos du 6 novembre2015)

Et si parmi les préoccupations déclarées des électeurs face à ce scrutin figurent dans l’ordre l’emploi, les impôts, l’insécurité, le pouvoir d’achat et l’immigration ; les régions françaises ne disposent que de peu ou pas du tout de levier d’action significatif sur chacun de ces sujets. C’est le cas notamment en matière fiscale ou depuis 2011 – à la différence des communes, groupement de communes ou département – elles ne votent plus le taux d’aucun impôt direct local.

Si les listes de droite républicaine profitent du « mouvement balancier » de sanction de la politique gouvernementale comme il est d’usage dans ces scrutins intermédiaires en France et en Europe (la liste de la droite au pouvoir en Espagne s’est effondrée à moins de 13% aux récentes élections régionales en Catalogne), c’est néanmoins le Front National qui marque – pour l’instant – le plus de points.

Le FN en embuscade :

L’extrême droite serait en effet créditée de 3 victoires régionales potentielles (PACA / Nord Pas de Calais / Champagne Ardennes) et en Rhône Alpes Auvergne, dans les intentions de vote au second tour face à un PS qui stagne – mais qui fait désormais jeu égal avec la droite – le FN progresse de 2 points à 26% d’intentions de vote. (Sondage IFOP Fiducial des 27-30 Octobre 2015)

Enfin, et ce n’est pas neutre et marque une évolution significative des esprits, plus d’un Français sur 2 se déclare ne pas être gêné par le fait que le FN s’empare d’une présidence de région à l’occasion de ces élections…

Il n’est pas certain que les récentes déclarations surprenantes de Manuel Valls appelant à l’union droite-gauche face au FN avant le premier tour, en accélérant l’affaissement des listes socialistes dans certaines régions, ne fassent pas in fine … l’affaire de l’extrême droite.


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jeudi 22 octobre 2015

Une grande région ?

Grandes_Re_gions.jpgParmi les questionnements même iconoclastes évoqués dans mon précédent billet au sujet des élections régionales à venir figurait la façon inconséquente et incompréhensible dont avait été refondue la carte des régions françaises.

En effet, presque dessinée – à l’« arrache » sur un coin de table – la « réforme » de la nouvelle géographie régionale est bien plus un piètre maquillage politique qu’une vision de ce que pourrait être un début de refonte d’une organisation moderne des territoires et de la sphère publique française.

Plus grande ou très grande région ?

A plus d’un titre – et peut-être avant tout parce que Lyonnais et Provençal d’origine – je reste convaincu que , par exemple, une Région Provence Rhône Alpes Côte d’Azur était susceptible de constituer une entité politique et économique d’un poids considérable.

Avec près de 11,5 millions d’habitants, alignée sur des axes naturels et modernes de transport, des débouchés fluviaux et maritimes, 3 des 5 aéroports les plus fréquentés du pays ; cette région offrirait 12 mois sur 12 un des plus forts attraits touristiques d’Europe et consoliderait 17% du PIB national. On pourra objecter mille et une raisons pour trouver cette idée inepte, mais il reste néanmoins vrai qu’il faut – au mieux – 5h30 pour aller en train de Lyon à Aurillac contre 1h40 et 4h30 pour aller de Lyon à Marseille et Nice.

D’ailleurs, lorsqu’il s’est agi de désigner nos députés européens, le législateur n’a-t-il pas considéré que ces deux régions ne constituaient déjà qu’une seule et même circonscription représentée par les mêmes élus. Pourquoi ce qui vaudrait à la maille européenne deviendrait inepte au plan régional ?

Et pour rester dans un champ de comparaison communautaire ; 3 des 16 Länders allemands comptent plus de 10 millions d’habitants dont 17,5 millions pour la seule Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Région de Düsseldorf). Les « raisons » qui ont prévalu à ce « redécoupage » français restent donc incompréhensibles du commun des électeurs et … totalement absentes du débat pré-électoral.

Concentrant plus de pouvoirs ?

La métropolisation qui a permis de fusionner – à titre d’exemple – le département et communauté urbaine lyonnaise semble être aujourd’hui une décision politique et juridique qui a reçu l’assentiment de l’ensemble de la classe politique.

De la même façon, une extension horizontale même mal aboutie du territoire des régions ne pouvait- elle pas s’accompagner d’une absorption verticale des départements? (1) Ce qu’il était intelligent de faire ici deviendrait-il stupide ailleurs ?

On ne cesse de nous rebattre les oreilles avec la nécessité de simplifier et réduire le poids du secteur public. Ne serait-ce déjà même que les suppressions de charges publiques les plus immédiates qui porteraient en premier lieux sur les 4 108 élus départementaux et leurs coûts de fonctionnement et indemnités serait toujours ça de gagné.

Cela donnerait surtout assurément une légitimité et un crédit considérables au discours des politiques qui – entendant réduire les dépenses publiques…des autres – donneraient là un signal puissant et exemplaire.

Mieux incarnées sur le terrain.

Des régions plus fortes économiquement conduites par des élus désignés au scrutin uninominal représentatifs et accessibles sur leur territoire, choisis pour leur crédibilité, leur présence au contact réel et local des « vrais problèmes des vrais gens », cela donnerait à ce pouvoir décentralisé et renforcé par la fusion avec les départements, une réalité plus profonde et plus tangible.

Même les députés français – « élus de la nation indifférenciée » comme le stipule la constitution – qui votent la loi au niveau national sont désignés par ce mode de scrutin personnalisé et ancré localement.

Peut- on continuer durablement de croire que la légitimité de ce pouvoir humain et de proximité local peut continuer à s’appuyer sur un scrutin de liste sans que cela n’aboutisse à créer – à l’exception des têtes d’affiche – une sorte de personnel politique de « deuxième division ». Personnel politique qui s’exonèrerait de « mouiller individuellement la chemise » sur son terrain pour gagner sa compétition aux motifs que la partie se jouerait par la place occupée sur la feuille collective de match avant même que ne s’engage la partie.

On entend souvent le reproche fait aux politiques d’être hors sol et coupés du monde réel alors évitons de réitérer cette pratique au sein de pouvoirs locaux de régions, surtout si on les projette plus grandes et plus fortes.

Ce ne sera pas pour ces régionales-là mais qui sait, peut-être un jour…




(1) Certains y avaient pensé. Rapport Balladur : Collectivités locales : controverses conclusions du comité Balladur.






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jeudi 15 octobre 2015

Questions Régionales

logo.pngA moins de deux mois du premier tour, les élections régionales ne semblent pas mobiliser l’opinion au point que 55% de nos concitoyens déclarent ne pas avoir [l’intention de voter lors de ce scrutin (3% de plus d’intention d’abstention déclarée par rapport au dernier scrutin du genre).

Doit-on voir dans ces premiers sondages la conséquence d’un redécoupage territorial récent et dont les critères aussi obscurs que bâclés tardent à prendre corps dans la perception des électeurs ?

Doit-on y mesurer une méconnaissance politique des prérogatives assignées et gérées par cette collectivité locale décentralisée ?

Doit-on y percevoir une absence d’orientations programmatiques ou projets globaux clairement affirmés par telle ou telle famille politique ou leurs candidats ? Doit-on y constater la conséquence de la tardive véhémence de certains des opposants au sein des Conseils Régionaux sortants qui ne se mettent à critiquer publiquement les exécutifs en place que depuis quelques semaines ?

Doit-on y voir la conséquence – dans certaines régions – à 52 jours du vote – du fait que ne soient toujours pas désignés (ni comment ils le seront) les candidats conseillers régionaux sensés représenter localement les territoires et leurs spécificités dans cette assemblée …elle aussi avant tout locale ?

Doit-on enfin y voir une incidence du mode scrutin de liste départemental qui à la différence d’un scrutin uninominal sur une base territoriale plus restreinte qui favorise les politiques de terrain, accessibles et appréciés localement qui de fait cumulent peu ou pas de mandats. Scrutin uninominal qui permet de favoriser également la concurrence et le renouvellement sans lequel et selon les critères de composition des listes, on risque fort de voir certaines régions basculer d’un camp à un autre avec pourtant – toutes listes confondues – près de 50% des sortants réélus quand même.

Il est probable que la crédibilité de plus en plus contestée des appareils politiques traditionnels conjuguée à une élection qu’ils verrouillent et où le bon positionnement sur une liste prévaut sur la réalité d’expérience, de compétence, de disponibilité et de popularité ne créent pas les conditions optimales d’un exercice exaltant de démocratie même locale.

Le débat étant une façon de rendre vivante la politique, c’est donc dès à présent qu’il serait intéressant d’entamer – et sans langue de bois – les questions clefs que cette élection va susciter ou … éviter.

La refonte territoriale des régions, leurs compétences et leur mode de scrutin sont-ils adaptés aux besoins et aux enjeux locaux, nationaux et européens ?

Face aux préoccupations des électeurs dans cette élection à savoir en premier lieu le développement économique et les aides aux entreprises ainsi que l’emploi à travers l’apprentissage notamment, comment s’assurer que ces sujets seront incarnés et dans quelle proportion par de nouveaux élus issus de ces secteurs d’activités et exclusivement mobilisés sur ce mandat?

Sommes-nous avec le risque de basculement de certaines régions au Front National, face à une nouvelle étape de prise de distance entre un peuple et des politiques classiques dont représentativité du corps social français ne cesse de s’amenuiser?

S’agissant plus spécifiquement de la nouvelle Région Rhône Alpes Auvergne, quels sont les enjeux particuliers à cette collectivité locale qu’ils soient politiques, territoriaux et économiques ?

Lançons nous donc dans ces questionnements.

Peut-être ainsi, même de façon iconoclaste réussirons-nous à passionner pour cette élection autour de nous bien au delà du seul cercle – même sil est déjà fort conséquent – de celles et ceux qui rêvent de figurer en bonne place sur les listes de candidats.



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jeudi 17 septembre 2015

Lyon à la conquête du marché allemand.

2368136Les récents évènements relatifs aux flux migratoires aux portes de l’Europe ont mis en exergue une position particulière de l’Allemagne par rapport à ses partenaires communautaires et plus particulièrement la France.

Certes, comme évoqué dans mon précédent article, la situation économique et démographique de nos voisins d’outre Rhin et leurs besoins tant d’accroissement de population que de main d’œuvre sont singuliers. Sans apports extérieurs conséquents, la faiblesse de la fécondité allemande prépare une perte annuelle de près de 200 000 travailleurs dans la décennie à venir.

Ce qui amène à une double difficulté :

- à court terme, un risque de perte de compétitivité à l’export en partie favorisée par des couts salariaux bas,

- à moyen terme, une menace sur l’assise au recouvrement du financement des retraites en portant le ratio de la population dépendante des contributeurs de 31 à 41% et ce, dès 2020.

Pour autant, et même si pour la première fois, la France n’est plus le premier client de l’Allemagne – au premier semestre, ce sont les USA qui ont devancé cette position que nous détenions depuis 1961 – ce pays reste « l’homme fort » de l’Europe et un marché insuffisamment appréhendé par les entreprises françaises.

La France – pour des raisons historiques « variées » – entretient des relations des relations étroites et complexes avec l’Allemagne. Ennemis durant trois guerres ; amis réconciliés devant l’histoire et partenaires indissociables au sortir du dernier conflit ; l’idylle franco-allemande est plus tiède depuis depuis sa réunification.

On prête à André Mauriac d’avoir écrit « j’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait deux » , sans doute ce trait d’esprit reflète-t-il la nostalgie politique d’une France qui se sentait renforcée de pouvoir revendiquer son alliance protectrice avec un voisin « tronqué » pour asseoir sa propre position internationale.

Réunifiée, concurrente transformée en leader économique et … devenu le pays qui pèse le plus – même seul – sur les décisions européennes ; cette nouvelle Allemagne impressionne, complexe voire-même agace en France.

Justement et pour porter un regard plus impartial qui balaie les lieux communs et favorise une meilleure connaissance des différents marchés économiques allemands et de la façon de s’y développer, un colloque ouvert « Rhin & Rhône Confluence » se tient à Lyon ce 1er octobre, un colloque dont l’ambition est de consacrer « 10 heures pour mettre en place votre business avec l’Allemagne ».

Placé sous le haut patronage du Consulat Général d’Allemagne et organisé par le Club des Entreprises et Entrepreneurs du 6e et en partenariat notamment de la Mairie du 6e arrondissement de Lyon ; ce colloque – à travers rencontres, échanges et tables rondes avec des acteurs et experts de l’approche des marchés allemands – permettra de mieux comprendre ce en quoi et comment l’Allemagne peut constituer une opportunité économique pour des entreprises ou projets d’entreprise français.

Entrepreneurs ou en projet de le devenir, décideurs ou analystes – entre nostalgie, complexe ou ambition – sans doute ce colloque est-il une façon d’actualiser et rendre plus objective votre connaissance et l’accessibilité à ce pays et … ce marché.

Colloque Rhin & Rhone Confluence

Tarif 40€ , comprenant les pauses, le déjeuner et le cocktail du soir.

Mairie du 6ème arrondissement 58 rue de Sèze 69006 LYON

PROGRAMME ET INSCRIPTION




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dimanche 6 septembre 2015

La morale de l'Histoire.

AylanComment ne pas avoir envie de réagir, de déborder d’indignation face à la diffusion mondiale du cliché du cadavre de ce gamin échoué sur le bord d’une plage grecque?

Migrant, réfugié, clandestin voire même dans certaines nauséeuses polémiques victime de l’inconscience d’adultes qui ont – pour des raisons plus ou moins recevables selon les « bad buzz » - mis en péril leur famille face aux dangers de la mer, il n’en demeure pas moins vrai que cette image est épouvantablement choquante.

A l’heure du déversoir planétaire en live des émotions à bons compte, cette photo semble réveiller un esprit international du 3 septembre comme il y eut en France un fugace « esprit du 11 janvier ».

En publiant cette photo sous la légende « somebody’s child » (l’enfant de quelqu’un), le parti pris du journal The Independant a été de considérer "Si ces images extraordinairement puissantes d'un enfant syrien mort échoué sur une plage ne changent pas l'attitude de l'Europe face aux réfugiés, qu'est-ce qui le fera ?"

Emotion and motion :

De fait, l’attitude de l’Europe semble être de se mettre en mouvement mais … sans organisation et avec une efficacité très discutable. Corrélativement à cette violente interpellation des consciences par l’image, les journaux nous renvoyaient celle d’une une Hongrie « insensible et répressive », une Autriche embarrassée et une Allemagne … généreuse envers la misère des migrants et ce, après être apparue si intransigeante face à la détresse économique de ses « co-citoyens » grecs.

Toujours désordonnée, sans colonne vertébrale politique et ni désormais morale, l’Europe ne s’avère pas plus à la hauteur de ce rendez-vous de l’histoire qu’elle ne le fut pour assister et protéger ses futurs ressortissants et voisins lors de l’embrasement des Balkans dans les années 1990.

En déclin démographique et avec une meilleure croissance économique que notre pays, l’Allemagne a un réel besoin d’immigrés et adopte une posture moralisatrice face à ses voisins que la presse d’outre Rhin présente comme une « Union d’égoïstes » insensible à des populations persécutées. Voisins qui n’ont économiquement – rappelons-le – ni les mêmes moyens … ni les mêmes besoins.

D’avaricieux comptable face à Athènes, l’Allemagne serait-elle devenue fort opportunément phare des consciences européenne ?

Deux nuances s’imposent à cette belle « reconversion » politique.

D’une part, les migrants dont l’Allemagne cherche à prioritairement favoriser l’accueil sont des émigrés économiques venus chercher de meilleures conditions de vie que dans leur pays d’origine et qui – sans sombrer dans les poncifs de bistrot – cherchent avant tout du travail plutôt que l’accès à une fantasmagorique corne d’abondance d’aides et allocations de toutes sortes. Et ce sont ces flux migratoires qui « fournissent l’essentiel » de l’horreur des cadavres échoués en méditerranée ou des morts par accident dans le tunnel sous la Manche.

D’autre part la menace d’un Islamisme aussi débile que radical dont la violence, la rage meurtrière et la folie pillent, détruisent, violent, torturent et tuent des populations entières sans défense alimente désormais l’Europe de flots de réfugiés qui « ne » cherchent « qu’ » à sauver leur peau.

Dans ce registre, la France par exemple s’est retrouvée fort seule à mettre militairement un coup d’arrêt à la guerre des forces réunies du MNLA, Anse Ardine, AQMI et du Mujao au Mali – prévenant ainsi pour l’instant d’une propagation de cette peste assassine en Afrique de l’Ouest. Le soutien européen y compris financier et en particulier allemand fut moins conséquent et exemplaire que l’actuel regain humaniste de Berlin.

Le choc de photos mais aussi le poids des mots.

Les crises financières et économiques mondiales qui secouent le globe depuis 2008 sont la principale cause de l’accroissement des flux de migrants et la difficulté d’y apporter des solutions humainement plus dignes est essentiellement financière. « Toute la misère du monde » est et restera difficilement résorbable par une partie du monde moins défavorisée mais qui ne parvient désormais même plus à préserver ses propres miséreux chaque jour plus nombreux. On peut continuer à le regretter mais on ne peut néanmoins plus l’ignorer.

La question des réfugiés politiques, ethniques ou religieux dont l’existence est menacée est un toute autre problème. Le problème n’adresse pas les bons sentiments que sont la générosité ou ne serait-ce même la charité, il interpelle les consciences dans leur humanité la plus essentielle. Les cimetières, charniers, camps de concentration de notre histoire occidentale sont le permanent acte d’accusation cinglant et sanglant de nos mémoires. Mémoires des hésitations politiques ou militaires, mémoires des frontières qui se fermèrent, des quotas dérisoires qui s’instaurèrent. Mémoires enfin des impuissances des émotions sans suite, de la dérision des incantations de la morale face à la force des assassins.

Sauver les migrants en danger de mort est une urgence immédiate indiscutable. Sans doute cette action s’exécutera-t-elle au prix d’une nécessaire réduction des autres flux migratoires.

Vraisemblablement devra-t-elle surtout connaître des développements militaires autres que des frappes ciblées ou des vols de reconnaissance supplémentaires.






''Quelques chiffres clefs pour sur la réalité des réfugiés politiques

1/ Les trois pays qui accueillent le plus de réfugiés politiques sont dans l’ordre le Pakistan avec 1,6 million de réfugiés, l’Iran avec 857 000 réfugiés et le Liban avec 856 000 réfugiés.

2/ 90% des demandeurs d’asile et des réfugiés vont dans des pays proches ou frontaliers.

3/ Ramené à la population du pays, la France est 12e position en Europe en nombre de demandes d’asile enregistrées par millier d’habitants.''




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lundi 15 juin 2015

Gestion de Lyon : voyage en terre inconnue...

mairie Comme dans la vraie vie ; celle des entreprises, des commerces mais aussi celles des vrais gens ; dans une situation de crise économique, on n’a pas les moyens d’ajuster indéfiniment ses ressources à ses dépenses.

Pour la première fois depuis…toujours, l’actuelle municipalité de Lyon se trouve dans la situation de devoir tout simplement gérer comme dans la vraie vie.

Les dotations de l’Etat se sont considérablement réduites et ce n’est vraisemblablement pas terminé.

L’inexorable augmentation des impôts en début de mandat – sorte de prime au vainqueur depuis 2001 – ne suffit plus à nourrir l’illusion d’une gestion lyonnaise qui serait une sorte de modèle en la matière et assurerait aux « locataires-gérants » de la ville six années supplémentaires « tranquilles ».

Certains auront beau jeu de tenir un inventaire chagrin des engagements non tenus par rapport aux fastes électoralistes de mars 2014 mais ce que révèle le retard considérable à rendre public le PPI (Plan Pluriannuel d’Investissements) de Lyon pose une autre dimension du problème.

Les dépenses publiques françaises ne sont plus sous contrôle et la question de la réforme structurelle des secteurs publics et de leurs coûts est soigneusement évitée…pour combien de temps encore.

Comme beaucoup de villes de France et – Lyon encore plus qu’ailleurs – a jusqu'à maintenant bénéficié d’une hausse régulière de ses ressources ; dotations de l’état en croissance jusqu’en 2010, contexte géo - économique local favorable et une assiette de contributeurs aux taxations locales en expansion.

De plus, pour présenter 6 ans plus tard un projet attractif à chaque élection municipale, on a – avec six ans d’avance – systématiquement augmenté d’un coup les impôts locaux.

Du coup, on peut tranquillement embaucher, investir, moderniser et mettre la ville – et parfois ses élus – en scène mieux et plus qu’ailleurs. On peut même tenter de faire croire que la crise s’est arrêtée aux portes de la ville et que finalement 5% d’impôts en plus ou en moins…

Ce qui fut présenté comme un modèle n’est en fait qu’une recette qui ne fonctionne plus. Et on voit bien là, la difficulté à arbitrer un plan pluri annuel d’investissement (PPI) qui ne sort que maintenant, près d’un an et demi après les municipales.

Elue pour la troisième fois consécutive, cette équipe ne saurait masquer le réel désarroi politique que traduit ce retard derrière de l’inexpérience.

Pas plus que ne serait recevable l’excuse de l’installation de la Métropole, à moins que l’annonce de ce PPI ne révèle un plan d’économies structurelles fondé sur les synergies dégagées par cette nouvelle organisation territoriale – comme cela se passe aussi … dans la vraie vie économique.

De tout ça il n’est finalement rien.

De modèle audacieux et de changement de paradigme, il n’en sort aucun.

Ici on refera une fontaine sans refaire la place, là on refera une rue mais juste en surface. Exit quelques promesses passées, augmentons encore quelques tarifs (transports, stationnements, équipements sportifs) et un coup de rabot sur les dépenses…

… et quelques actes forts – qui auront de valeur de symbole dans l’opinion – et qui s’inscrivent dans le sens de l’histoire et l’évolution de la ville …

... après un internat pour enfants, on fermera deux maisons de retraite.

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jeudi 23 avril 2015

Arménie, il y a 100 ans : le génocide des Chrétiens d’Orient.

AraratLa violence au nom du religieux est devenue une actualité presqu’ininterrompue depuis des mois. Islamisme, intégrisme, djihadisme occupent presque sans relâche les titres d’une actualité sombre. En égrenant la triste litanie des lieux de massacre qui de Paris à Bruxelles, de Toulouse à Tunis, de la Syrie au Nigéria et au Kenya en passant par l’Irak, on trace une tragique et désordonnée diagonale de ces nouveaux fous de Dieu.

Hommes, femmes et enfants sont ciblés, repérés, isolés, massacrés au seul motif qu’ils étaient « croyants d’une autre croyance » ou alors seulement dessinateurs goguenards et symboles « rebelles pratiquants » d’une autre incroyance ; celle de la liberté d’opinion, de caricaturer, railler et moquer.

Des bouddhas afghans de Bamiyan en 2001 dynamités par les Talibans jusqu’aux statues du musée de Mossoul, on sait quelles suites présagent les attaques portées à l’Art et à la Connaissance par des exaltés armés. Aucune inspiration insensée et meurtrière n’échappe à ces engrenages de l’inhumanité et ils ne sont jamais l’apanage d’une seule folie religieuse particulière. Près de nous en mai 1933 on a commencé à jeter des livres au feu en Allemagne pour quelques années plus tard y bruler tout un peuple.

Et c’est maintenant dans les églises catholiques de France qu’il faudrait même redouter la violence imbécile et aveugle…

C’est dans ce contexte que, ce 24 avril marque le centenaire d’un génocide.

Celui des Arméniens – eux aussi Chrétiens d’Orient et eux aussi massacrés presque sur les mêmes terres que les épouvantable assassinats récents.

Reconnu par presque tous sauf les gouvernements successifs turcs depuis 100 ans, cette extermination des Arméniens (avec les Grecs et les Syriaques) d’Anatolie de l’Empire Ottoman a essaimé tout ce qui restait de ce peuple à travers le monde.

Une autre Arménie distincte, dans une toute petite République de l’ex-Union Soviétique, regroupe quand à elle depuis 1920 les populations des régions arméniennes de l’Empire Russe.

Deux langues différentes, une diaspora bientôt plus importante que la population de cette jeune République coincée entre la Turquie et l’Azerbaïdjan et en vive tension avec ce dernier sur la région du haut Karabach et une Anatolie vidée de sa présence arménienne originelle et ancestrale. Voilà ce qu’est la « géopolitique » arménienne aujourd’hui ; il y avait 1,8 millions d’Arméniens en Anatolie en 1914, il n’en restait plus que 300 000 en 1919, « un territoire que les nationalistes turcs considèrent comme une partie de leur propre réduit, leur ligne rouge après la perte des Balkans… ils se trouvaient au mauvais endroit, mais c’était le leur depuis toujours … (*) »

La dénonciation, la condamnation, parfois ne serait-ce même que la « verbalisation » du génocide arménien – même si elles rassemblent les historiens – laissent en revanche encore « à désirer » du côté des politiques et des états. Dés lors qu’ils sont exprimés face aux autorités et médias turcs ou face aux représentants des diasporas arméniennes sur leurs territoires, les discours varient sensiblement.

Gageons qu’en ce 24 avril 2015, les déclarations compassionnelles et circonstanciées seront de mise toutefois il sera difficile pour les communautés arméniennes de ne pas oublier les prudences de langage et les circonspections diplomatiques face à Ankara.

Les premières fois où fut « réellement » prononcé en Occident, le mot de « génocide » ne remontent qu’à 1981 avec Ronald Reagan et 1984 avec François Mitterrand. Verbalisations qui furent suivies par un vote au Parlement Européen – poussé par les socialistes français – en 1987 imposant aux Turcs sa reconnaissance en préalable de leur éventuelle adhésion à l’UE et d’une loi déclarative en 2001 du Parlement Français qui reconnaît l’existence de ce génocide. C’était lors de la cohabitation Chirac-Jospin en même temps que la France levait son véto … à l’admission de la Turquie au sein de l’Europe.

Entre un allié stratégique – notamment militaire – de poids comme la Turquie et une diaspora arménienne dotée à l’étranger dont en France et à Lyon en particulier, d’une influence électorale, le chemin est parfois tortueux.

Sans « marcher en crabe » comme le font souvent les diplomates ni « verser des larmes de crocodiles » comme le font parfois certains politiques, ayons ce 24 avril, une pensée émue ne serait-ce que pour la mémoire des martyrs d’un peuple sans terre, exterminé et dépossédé de ses richesses et une fraternelle et affectueuse pensée pour celles et ceux de nos concitoyens descendants d’Arménie qui nous sont proches, si proches.

Sans tomber dans une frénésie victimaire ou se complaire dans une succession d’oraisons incantatoires qui fleure le chrysanthème de Toussaint ; montrons peut-être que la France n’est pas seulement le pays où un vieux politicien d’extrême droite se vautre – ad nauseam – dans une fange langagière insupportable et où la RATP se planque derrière une piètre excuse de laïcité pour censurer des affiches de prêtres qui chantent…

Ne nous embarrassons pas d’autres considérations que celles dues à la vérité de l‘Histoire et rappelons-nous qu’il s’agit bien d’un génocide dont le peuple arménien a été victime.

C’est la justice qu’il réclame et … qui lui est due.

(*) Michel Marian – « Le génocide arménien – De la mémoire outragée à la mémoire partagée » – Albin Michel / Bibliothèques Idées. 2015

Illustration : Vue du Mont Ararat et du monastère arménien Khor Virap.

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dimanche 19 avril 2015

Gauche-Droite, le piège de la fiscalité locale.

TonneauLe débat français sur la pression fiscale – presqu’ininterrompu depuis la crise de la dette – et relancé par les récentes annonces d’augmentations significatives des impôts locaux ravive l’affrontement politique gauche-droite.

Les premiers reprochant aux nouveaux élus majoritairement à droite d’avoir laissé croire qu’ils n’augmenteraient pas les impôts de leurs administrés une fois aux affaires.

Les seconds renvoyant les socialistes dans les cordes d’une double irresponsabilité financière :

- celle de la réalité dissimulée de leurs bilans dans les collectivités locales dont ils ont été déboutés et,

- le fait que l’Etat se montre désormais « économe » non par une meilleure gestion de ses deniers mais en redistribuant moins de manne financière aux communes pour supporter les charges qu’il leur a pourtant – à travers un processus constant de décentralisation entamé depuis plus de 30 ans – chargé d’assumer en ses lieu et place.

A défaut d’avoir totalement toujours raison en tous points, ni les premiers et ni les seconds n’ont totalement tort non plus.

Le « modèle lyonnais » en question ?

A plus d’un titre, le cas lyonnais échappe à cette situation.

La ville a – à la fois – résisté à la vague bleue des municipales de 2014 et la majorité politique reconduite il y a un an avait clairement annoncé son intention d’augmenter les impôts locaux en début de nouvelle mandature.

Pour autant, doit-on y voir une attitude « modèle » ?

D’abord l’annonce qui avait été faite – supposée méritoire – ne prévoyait pas une augmentation concomitante des mêmes impôts au niveau métropolitain en sus de la ville de Lyon. Ensuite, ces charges additionnelle sont venues s’ajouter à toute une série de coûts supplémentaires ; tarifs TCL / réforme des rythmes scolaires … assurément mal anticipés et sous-évalués.

Enfin, même si cela semble un présupposé acquis comme intangible – et qui ferait bondir tout acteur de l’économie privée … donc réelle – cette inéluctabilité du recours au « toujours plus d’impôts » n’a pris en compte ni aucune synergie ni aucun gain d’efficacité et de productivité (même à moyen ou plus long terme) de la fusion/absorption sur le territoire de la Métropole du département du Rhône.

C’est précisément une trajectoire contraire qui aurait pu apparaître comme un « modèle » lyonnais exemplaire.

Le tout s’exerçant avec quelques déclarations laissant entendre que les Lyonnais seraient finalement habitués à cette régulière inflation de taxes et que leur consentement personnel à l’impôt est une sorte de crédit public sur lequel on peut tirer sans limites et sans conséquences. Là aussi, il faut revenir au sens des réalités.

Même si un « simple élu » qui siège au Conseil Municipal et à la Métropole – assemblées où se votent ces augmentations d’impôts – touche en seules indemnités ce que gagne annuellement en moyenne un foyer lyonnais ; il faut garder à l’esprit que le portefeuille des administrés lyonnais n’est pas sans fond.

Le revenu net annuel moyen d’un foyer fiscal lyonnais n’est que de … près de 28 000 €. On ne peut disposer de leurs ressources avec autant de distance et d’abstraction.

Un trompe l’œil national.

Pérorant – dans les lignes de mire de 2017 – sur des perspectives budgétaires enfin en ligne avec les exigences de Bruxelles dans la réduction de certains déficits nationaux, les socialistes transfèrent sur les communes, départements et régions qui leur ont échappé (ou leur échapperont s’agissant des régions en cette fin d’année) leurs coupes budgétaires.

Baisse des dotations de fonctionnement et d’investissements qui ont un double effet à la fois insidieux et socialement pervers sur les Français.

Au global et c’est bien cette situation que pointent les analystes économiques, la France ne résout en rien son problème de dépenses publiques et le poids qu’elles pèsent sur sa compétitivité économique. Face à ses citoyens, un état qui cesse de « sur-ponctionner » une de leur poche pour contraindre les élus locaux de leur ponctionner davantage l’autre ne crée pas de richesse, ne libère pas de nouvelles capacités à épargner, consommer ou investir.

On peut imaginer que les Beresina électorales passé, présentes et à venir de la gauche à toutes les élections locales (sauf à Lyon malheureusement) auront pour incidence d’encore favoriser ce jeu de dupe budgétaire pénalisant la droite qui se retrouve de fait, de plus en plus en charge de gérer la … pénurie.

Au delà même de ce transfert de ponctions financières, les socialistes sont en train de mettre leurs adversaires politiques en position – désormais élus dans les territoires – de détruire pièce par pièce, au plus près de leurs concitoyens à la fois le modèle social français et ce qui fait leur qualité de vie au quotidien.

En effet, et c’est un casse-tête juste intenable pour boucler des budgets dont la loi leur impose l’équilibre (contrainte dont l’état s’exonère) que certains élus locaux en sont déjà réduits à revoir à la baisse drastique les participations aux frais de cantine scolaire, réduire les horaires et le chauffage d’équipements sportifs, l’entretien des espaces communs, supprimer les éclairages de Noël… et que certaines collectivités locales a l’instar de l’Espagne il y a quelques années, vont se retrouver techniquement en cessation de paiement.

Triste illustration de cette situation et ce n’est ni en Espagne, ni dans une ville défavorisée de je ne sais quelle banlieue déshéritée ; on a bien, presque de la veille pour le lendemain – d’un seul trait de plume et presque sans débat – coupé les vivres à un internat pour enfants handicapés.

C’est en 2015. Et c’est à Lyon … évidemment.

(Illustration à titre d’allégorie fiscale : Les « Danaïdes » par John William Waterhouse – 1903)

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jeudi 19 mars 2015

Djerba, Toulouse, Montauban, Paris, Tunis...

Terror.jpgC’est toujours une chose mal aisée que d’essayer de réagir à une actualité lorsque celle-ci procède de la violence la plus aveugle, de la haine la plus aboutie et de … la mort. Assassiner lâchement des gens ; des enfants, des femmes et des hommes est une horreur totale. Les assassiner, non pas pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont constitue un pallier supplémentaire de franchi sur cette échelle de l’horreur absolue.

Et voir ces actes ignobles commis par des ressortissants d’un même pays contre leurs propres concitoyens atteste peut-être de l’atteinte d’une limite au « culte » de la différence culturelle, religieuse, originelle dès lors qu’elle fonde certains abrutis à se croire autorisés à sen prendre à ceux des leurs, dont ils ne se considèrent plus être les semblables.

Il y a trois ans, la France retenait son souffle face à une offensive terroriste épouvantable qui ôtera la vie à 3 militaires puis 4 victimes civiles, dont des enfants devant l'école juive Ozar Hatorah.

Comme pour les attentats de janvier 2015, les assassins commenceront à attenter à des victimes « symboles » de l’esprit et de la force républicaine avant de poursuivre leur entreprise d’horreur en s’attaquant à des juifs devenus cibles comme « symboles » de l’essence même de la France dans ce qu’elle a peut-être de plus noble, l’historique richesse de sa Nation et l’indivisibilité de sa République.

Ces tueurs de l’abject, ces assassins du pire, ces arpenteurs de l’épouvante, sont instrumentalisés par des endoctrinements politico-religieux dont ils ne maitrisent ni la connaissance, ni le fond ; ni parfois même la langue qui les véhicule.

Distants et incultes de leurs racines ancestrales, ils se sont coupés de leur nationalité ; c’est un franco-tunisien qui fera exploser la synagogue de Djerba et un franco-algérien qui sèmera la mort et l’horreur à Toulouse et Montauban.

Il appartient à la Foi ou la conscience de chacun de considérer l’aboutissement ultime où ces violences conduiront leurs auteurs.

Toutefois, par leurs actes, ils se sont exclus de l’Humanité parce que manipulés, endoctrinés, conditionnés par des commanditaires barbares. Ils sont barbares parce que non civilisés, brutaux, ignorants des préceptes religieux qu’ils prétendent servir.

Au delà de l’émotion, au delà (c’est l’actualité législative du jour) des dispositifs de lutte contre le terrorisme, c’est d’un Islam de France, tolérant et ouvert, libéré des influences politiques , étatiques ou moyenâgeuses avec un enseignement qui puisse traverser la Méditerranée dont le besoin se fait désormais sentir.

Un Islam bienveillant et ancré dans la vie qui tienne, maintenant – sur le terrain et sur la toile – le devant de la scène, face aux sermonneurs du malheur et aux prédicateurs de mort.

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vendredi 6 mars 2015

8 mars, l’égalité des droits des femmes à l’épreuve de la patience.

Droit_des_femmes.jpgPrécurseurs du combat contre la Russie tsariste, c’est parce qu’elles manifestèrent les premières à Saint Petersburg un certain 8 mars 1917 que Lénine décida en 1921 de faire du 8 mars la journée internationale de la femme. Ce n’est que 56 ans plus tard que l’ONU retiendra cette date pour promouvoir auprès des Etats la création d’une journée mondiale des droits de la femme. Cette origine révolutionnaire fera même du 8 mars une journée (encore) fériée dans un certain nombre des pays d’Europe de l’Est.

Cette année, près de 50 ans après la « planétarisation » de cette « célébration », il serait hasardeux de vouloir – l’espace d’un billet sur un blog – dresser un bilan de l’évolution de la situation des droits des femme en un demi-siècle. Tout au plus est-il éclairant de revenir sur quelques réalités aujourd’hui qui apparaitraient comme ahurissantes aux plus jeunes d’entre nous mais pourtant furent l’histoire du droit des femmes.

En France, le droit de vote des femmes ne remonte qu’à 1944 par une ordonnance du gouvernement provisoire d’Alger du Général de Gaulle et elles ne voteront pour la première fois en 1945.

C’est donc 10 ans après la Turquie de Mustapha Kemal que la patrie des droits de l’homme s’est rendue compte que la moitié de ses citoyens étaient … des citoyennes. Les « grands esprits » de la IIIe République redoutant que nos aïeules ne fussent sous influence de leur curé ne leurs accordèrent pas cette faculté pourtant consubstantielle de leur pleine citoyenneté.

Pour ne rester qu’au plan du droit et pour continuer ce cruel inventaire, ce n’est que 20 ans plus tard, par le nouvel article 221 du code civil de la loi du 13 juillet 1965 que les Françaises auront le droit de désormais ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation préalable de leur époux.

Ce ne sera enfin que le 6 juin 2000 que la France se dotera d’une loi électorale visant à promouvoir la parité dans les différentes assemblées locales et législatives.

Pour autant, la seule levée des obstacles légaux est certes nécessaire mais assurément insuffisante pour traduire cet ajustement des droits dans une plus grande égalité dans les faits.

Si on considère la sphère publique, seules 155 des 577 députés sont des députées et – malgré des scrutins de liste départementaux – seules 87 des 348 sénateurs sont des sénatrices, seule une présidente de région sur 22 et seulement enfin 6 femmes présidentes de Conseil Général. On doit néanmoins rappeler que la sous représentation féminine n’est pas le seul fait des politiques en quête de mandats électoraux ; la nomination de la première femme préfet ne s’est faite qu’en 1981 et elles ne représentent aujourd’hui que … 10 % des préfets français.

Le secteur public et la France seraient-il en retrait ou précurseurs en la matière ?

Il y a – en fait – presque une parfaite double symétrie.

- d’une part, même si la loi Coppé Zimmermann a permis de doubler le nombre de femmes dans les Conseil d’Administration des entreprises du CAC 40 ; les comités exécutifs de ces mêmes entreprises ne compte que – sorte de plafond de verre commun avec le public – que 10% de femmes.

- d’autre part, en septembre 2014, une étude d’ « Official Board » portant sur 400 000 postes dans 50 000 grandes et moyennes entreprises de 200 pays ne faisait ressortir une moyenne mondiale que 9 % de PDG femme.

La France ne « performe » ni plus ni moins dans son secteur public que privé et se situe au même niveau que le reste du monde dans la féminisation du monde de l’exécutif des entreprises.

Pour autant, la situation des atteintes les plus fréquentes aux droits des femmes ne se mesure pas qu’à l’aune du nombre des députées, sénatrices ou PDG du Cac 40.

D’abord ; viols, brutalités conjugales, harcèlements, mais aussi sous-emploi et sous rémunération à profil et fonctions comparables, fragilisation sociale, non paiements des pensions alimentaires …, voilà autant de réalités que l’évolution du droit n’est pas encore parvenue à supprimer dans les faits.

Ensuite comme le soulignait il y a quelques jours Louis Maurin, Directeur de l’Observatoire des inégalités, peut-être faudrait-il aussi « concevoir l’égalité hommes-femmes non comme un alignement de la situation des femmes sur le modèle masculin, mais comme une transformation de ce modèle dominant », modèle différent permettant – par choix ou par contrainte mieux partagée – de mieux répartir son temps entre travail et équilibre familial.

Quoi qu’il en soit, la réduction des inégalités statutaires et de rémunération devra être davantage soutenue à l’avenir, c’est une des clés du succès pour aligner le concret sur la théorie et les faits sur le droit.

Cela ne passera que par encore plus de femmes au Sénat et à l’Assemblée Nationale et de ce point de vue – même si cela fera l’objet d’un autre billet spécifique – la parité devrait profiter d’une exceptionnelle fenêtre de tir aux législatives de 2017.

Comme l'a écrit Jean de La Fontaine « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »

2017, ce ne sera finalement … qu’un siècle après la première commémoration internationale octroyée aux femmes.

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jeudi 8 janvier 2015

Charlie Hebdo ; le jour d'après.

Deuil.jpg« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Telles sont – in extenso – les trois premières phrases de l'article premier de la Constitution de la Ve République du 4 octobre 1958 telle que voulue par le Général de Gaulle et ratifiée par une immense majorité de nos concitoyens.

C’est étranglée par une même profonde émotion, peut-être étouffée par un sentiment de révolte voire de colère froide que s’est retrouvée hier, rassemblée spontanément dans les principales villes du pays, une partie du peuple de France.

Justement parce qu’indifférenciées dans leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques, ces foules se sont retrouvées confondues, réunies face à … l’ultime lâcheté.

  • L’ultime lâcheté de criminels qui exécutent des journalistes pour réduire cette expression de la démocratie qu’incarne la presse.
  • L’ultime lâcheté de fous assassins qui mitraillent des caricaturistes irrévérencieux pour punir l’audace et la liberté d’expression dans un pays laïque mais – par tradition et par choix – attaché à la liberté des croyances et aussi attaché à la liberté de ton avec lesquelles elles peuvent être même parfois égratignées.
  • L’ultime lâcheté de quelques sombres cons instrumentalisés par quelques imprécateurs médiévaux terroristes et imbéciles.

Lycéen puis étudiant ; j’ai été un lecteur assidu et parfois même impatient de la sortie hebdomadaire de « Charlie ».

Ce « Charlie » qui débordait du talent de cette permanente contestation drôle, aventureuse, parfois acide et toujours irrévérencieuse que ce soit vis à vis de tous les pouvoirs, de toutes les institutions, de toutes les tendances politiques ou modes du moment et de toutes les pratiques ou symboles religieux.

Quelquefois dérangeantes, pas toujours frappées du sceau du « meilleur goût » pour des esprits plus conventionnels ou chagrins, les « unes » de cet hebdomadaire m’ont souvent fait sourire, voire éclater de rire (et pour les connaisseurs, la double page intérieure des « unes auxquelles vous avez échappé cette semaine » recelait des réelles pépites d’audace).

Pour nous tous, le coup est rude comme en attestent l’émotion et la mobilisation qu’il suscite depuis hier. Cette émotion et cette mobilisation politique unanime et sans accrocs doivent néanmoins persister et nous garder en éveil sur plusieurs points :

- La France est devenue un lieu de combat pour celles et ceux qui – endoctrinés non pas par une religion – mais par des prédicateurs criminels qui veulent soumettre un monde qui avance et qui progresse à la seule acception que leurs esprits étroits et déficients puissent appréhender à, savoir un retour en arrière à une société primitive, violente et totalitaire.

- La déflagration nationale de « Charlie Hebdo » fait suite à de nombreuses entames criminelles antérieures à ce qui fait l’unité nationale française. Attentats et agressions ouvertement antisémites qui sapent l’indivisibilité de la nation française. Désormais, le déni n’est plus possible comme l’a souvent – par le passé et à juste titre – ressenti notamment la communauté juive de France.

- Quelques inquisiteurs ou autres « Torquemada » enturbannés archaïques et anachroniques et leurs piteux bras armés ne doivent pas ternir l’image de l’Islam français. Un Islam modéré qui peut – parce que justement minoritaire mais dans un territoire laïque de libre expression – ce qui n’est pas le cas dans le reste du monde ; continuer de prêcher sans hégémonisme. Prêcher une pratique religieuse respectueuse des autres et « ajustable » à cet environnement de liberté des consciences que défend le Coran « Or si ton Seigneur voulait, tous ceux qui sont sur terre, tous croiraient. Est-ce à toi de contraindre les gens à être croyants ?» (Sourate X, verset 99).

  • Prendre conscience que notre modèle national de société de liberté de consciences est menacé et attaqué.
  • A une forme de déni qui considère comme « seulement » communautaristes les atteintes portées à tout symbole ou individus en raison de sa couleur, culture, appartenance ou foi religieuse; substituer la vraie et pleine conscience qu’il s’agit là d’attentats inacceptables à ce qui est le fondement même de notre République ; son unité et son « indivisibilité ».
  • Maintenir en France l’existence d’un Islam moderne et tolérant.

Voilà l’oraison funèbre que mérite le combat des « talents assassinés » hier à Paris.

Talents comme celui de Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Bernard Maris et ceux qui les entouraient ainsi que sans oublier des policiers chargés d’assurer leur sécurité et, protéger leur liberté … ...c’est à dire aussi la nôtre.

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mercredi 3 décembre 2014

L’entrepreneuriat français proteste à Lyon.

batiment

Au moment d’un mouvement national de protestation patronale dont le point d’orgue devrait être la réunion – et sans sifflets par mesure d’apaisement – de ce 3 décembre à Lyon, on voit les tensions s’aviver entre le gouvernement et certains représentants des syndicats patronaux.

Entre un pouvoir politique extrêmement affaibli devenu presqu’instable puisque appuyé sur une majorité parlementaire – en sursis (1) divisée – voire à la limite de l’implosion sur les questions économiques et un Medef qui radicalise ses exigences ; les esprits et les propos s’enflamment.

La situation des entreprises françaises – qui pour ne pas être florissante du tout – peut apparaître néanmoins contrastée.

Etonnamment, à titre d’illustration, la comparaison des niveaux de marges brutes entre les plus grandes entreprises allemandes et françaises est favorable au panel hexagonal car paradoxalement plus diversifié donc moins industriel et marqué d’un moindre poids de la production automobile qui affecte cet indicateur.

En revanche, et pour ne prendre que cet exemple, la situation du secteur du bâtiment est grandement et doublement préoccupante.

D’une part, les faillites d’entreprises enregistrées dans ce secteur d’activités représentent à elles seules un quart du triste « record » non atteint depuis 20 ans de 63 000 défaillances d’entreprises en 2014,

D’autre part, ce secteur d’activités est vraisemblablement un des meilleurs contributeurs – et à plusieurs titres – à un élan national de reprise économique.

En effet, le vieil adage « quand le bâtiment va, tout va » n’est pas sans fondement et ce pour plusieurs raisons.

A quelque variante marginale près des sociétés « intra européennes d’importation » de main d‘œuvre autrement désignées sous l’expression du syndrome du « plombier polonais », l’essentiel du grand nombre d’emplois créés par une relance dans ce secteur s’appuierait sur une main d’œuvre locale et une relance de l’activité qui influerait immédiatement sur les chiffres et les coûts sociaux du chômage.

Pour des raisons de coûts et de logistique, les volumes conséquents de matériaux employés sont produits en France.

Enfin, sous couvert d’une politique d’investissement public qui n’intervienne qu’en garantie de mutualisation de couverture du risque financier d’accédants à faibles revenus à une « propriété sociale », la production ainsi générée répondrait en outre à un considérable besoin humain d’une urgence criante. La fondation Abbé Pierre communiquait il y a peu ce constat édifiant « 25% des personnes sans domicile occupent un emploi ».

Certes, interventionniste voire keynésienne, cette approche créée de la dette publique mais assise sur de la garantie financière d’investissement à risque mesuré au bénéfice de l’économie en général et des plus fragiles en particulier. On s’est – en un autre temps – posé beaucoup moins de questions pour engager presque en quelques heures la prise de risque inverse au bénéfice d’un secteur bancaire aujourd’hui redevenu florissant.

Il est vrai que toute impulsion de maintien ou relance publique des investissements passerait par une politique drastique de réduction à la fois des déficits structurels de fonctionnement et d’allègement des charges qui plombent le coût du travail.

La croissance n’étant pas au rendez-vous, les restrictions de dépenses publiques devront vraisemblablement s’élever plutôt à 80 qu’aux 50 milliards d’Euros d’économies précédemment annoncés. Réduire la « mauvaise dépense » pour conserver une vitale « capacité de bon investissement », telle va être une quadrature de cercle quasi impossible à résoudre par un gouvernement exsangue en rupture avec des entrepreneurs à cran.

Sinon, pendant ce temps les affaires continueront à se faire … ailleurs. Il y a quinze jours, l’agence Moody’s constatait que du fait des situations inversées de croissance économique, les entreprises européennes avaient investi depuis le début de l’année près de 780 milliards d’Euros en grande partie par des acquisitions sur le continent américain.

(1) « Si des élections législatives avaient lieu aujourd'hui, l'opposition (UMP-UDI) décrocherait entre 485 et 505 sièges à l'Assemblée nationale, un record jamais atteint. La gauche serait laminée, le PS, les Verts et le Front de gauche ne sauvant que 56 à 66 sièges. » Le Figaro. Edition du 2.12.2014.

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mardi 11 novembre 2014

"C'est l'Etat qui paie !"

PP

Même s’ils aiment à se parer des atours de la compétence et de l’efficacité économique, les socialistes au pouvoir – nationalement ou localement – flottent dans un habit qui n’est pas à leurs mesures à moins … qu’ils ne soient eux-mêmes pas à la taille du costume à porter.

Sur le registre de la fiscalité, la dernière intervention télévisée de l’actuel Chef de l’Etat est un nouveau grand moment d’inconséquence.

Sur un ton de café du commerce, annoncer comme un progrès fulgurant que « il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit » sonne – pour paraphraser Hervé Mariton – comme une promesse d’ivrogne. Ce propos ne dit absolument pas que la pression fiscale ; par des jeux de paliers, taux et augmentation de taxes, ne s’accroîtra pas. Bien au contraire.

Après des hausses considérables en 2012, François Hollande avait déjà annoncé en mars et à l’été 2013 une pause fiscale. Cette pause s’est en fait traduite dans la réalité par une augmentation du nombre des foyers imposables et une hausse des taux de prélèvement obligatoires à 46,2% soit +1,3% par rapport à l’année précédente. Pour l’avenir et sans présager de nouvelles « initiatives » ; sont déjà d’ores et déjà prévus un prélèvement de 4 centimes supplémentaires sur le prix du litre de diésel, + 3€ sur la redevance télé ainsi qu’une surtaxe de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.

A ce sujet ; la surtaxe des résidences secondaires dont il est prétendu que la finalité est de libérer des logements pour les plus nécessiteux tient de la foutaise la plus aboutie.

A Paris par exemple, dans certains beaux quartiers les luxueux appartements de résidence secondaire ou occupés occasionnellement peuvent représenter entre 20 et 30% du parc immobilier. Il faut avoir un cerveau curieusement agencé pour croire qu’une surtaxe additionnelle infligée à leurs propriétaires les rendra financièrement « moins chers » et accessibles à des bénéficiaires d’allocation logement ou de primo accédants à la propriété, c’est à dire à ceux-là mêmes … qui souffrent de la pénurie de logements.

Alors flagrant délit d’inconséquence et d’incompétence ? Oui, assurément.

Avant la crise dite des dettes souveraines, la dette publique n’a jamais été un réel souci politique. Tout au plus, lors de l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou fut le premier – et le seul lors de cette campagne – à évoquer le violent retour prévisible du boomerang financier de l’endettement national. Discours pessimiste jadis considéré comme une posture de Cassandre qui alertait d’une menace sans réalité ; cet avertissement a fait long feu face aux délires incantatoires d’une « France Présidente » ou aux espérances d’un plus enthousiasmant « Tout devient possible ». Quelques années plus tard, les flonflons de la fête sont bien silencieux et il faut payer les violons du bal.

La presque totalité des Français qui ont – dans le meilleur des cas – une sacrée « gueule de bois » ne cessent de payer une addition toujours plus lourde aux moyens de toujours plus d’impôts, toujours plus de taxes, toujours plus de dépenses vitales subies (énergie, carburant, transports publics, réforme des rythmes scolaires…). Cette addition toujours plus lourde s’accompagne de soustractions constantes ; soustractions de couverture sociale, d’allocations familiales, de services publics, de pouvoir d’achat.

La crise impose la rigueur et l’efficience économique.

La France n’a plus les moyens de s’offrir – voire même tout juste payer les traites – d’une politique dirigée par des socialistes.

La France n’a plus les moyens d’une politique conduite par des politiques si éloignés de l’économie réelle, (60% des députés socialistes sont issus du secteur public, parapublic et associatif) et prisonniers d’une idéologie du XIXe siècle. Idéologie dont les élus de la gauche française n’ont toujours pas abandonné le réflexe du recours systématique à l’impôt pour ne cesser chaque année … de dépenser d’avantage.

S’agissant de Lyon ; nous y reviendrons – en détails et avec fermeté ultérieurement – est-il possible de se considérer comme proche et inspiré par la réalité des milieux économiques et diriger une collectivité dont, indépendamment des conjonctures, on augmente sans cesse la dépense en ajustant la ressource par accroissement des prélèvements d’impôt, que l’on veut fusionner avec une autre entité sans recherche de principes de synergie financière ou d’économies, et à la tête de personnels avec des taux d’absentéisme deux fois plus élevés que dans le privé et avec des mouvements sociaux et grèves qu’aucune entreprise ne pourrait durablement supporter ?

A la fois hérésie économique et archaïsme politique, le logiciel socialiste est un logiciel de gestion périmé qui sévit malheureusement encore au plan national et dans nos sphères politiques locales.

Soit « c’est l’état qui paie », soit ce ne sont que quelques euros de plus que nos élus considèrent qu’il est moins cher de prendre dans la poche des autres et ces poches en l’occurrence ... ce sont les nôtres.

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dimanche 19 octobre 2014

L'homme qui parlait mal.

EMOn a la sensation que c’est au moment où les caisses sont les plus vides que les socialistes français veulent donner l’impression qu’ils se décident à apprendre à compter. Et pour donner le sentiment qu’on est le mieux armé pour savoir bien compter, quoi de mieux que de nommer un ancien banquier d’affaires privées comme Ministre "Public" de l’Économie " ?

Il est vrai que ce vivier de la nouvelle finance – malgré une récente crise mondiale aux dimensions de désastre historique qui aurait pu discréditer cet environnement pour plusieurs siècles – continue à fournir moult conseillers, responsables d’institutions publiques voire même parfois des ministres supposés pour certains…être de gauche.

Henri Guaino dans La nuit et le jour résumait en ces termes la description qu’un de ses amis industriels lui faisait de ce monde particulier des nouveaux talents de la finance ; « le métier de banquier est un métier pour des gens pas très intelligents puisqu’il s’agit de ne prêter qu’à des gens qui peuvent rembourser. Un jour on a mis des gens très intelligents à la tête des banques. Ils se sont dit que c’était trop bête de ne pas prêter aussi à des gens qui ne pourraient pas rembourser, et ils l’ont fait… »

Après un avocat du made in France en marinière, voici donc que Bercy héberge un nouveau locataire. Et si son bruyant prédécesseur avait habitué ses auditoires à des discours assez hauts en couleur, son successeur semble avoir décidé – en la matière –lui aussi de « donner le change » ; ce qui est finalement naturel pour un ex-banquier.

Avant même sa prise de fonction il dit considérer « à titre personnel » comme un piège « l'accumulation des droits donnés aux travailleurs » et à peine quelques semaines après son entrée en fonction voit, en parlant des abattoirs des entreprises GAD une majorité de femmes « qui sont pour beaucoup illettrées ». Propos dont la délicatesse n’aura d’égale que celle employée pour désigner l’action envisagée pour la libéralisation des coûts de transports en « autocar » qui devrait faciliter les déplacements des « pauvres qui ne peuvent pas voyager ».

De la même façon, préconiser la réduction des allocations chômages, et récemment comme il l’a déclaré à Lyon, fustiger la hausse des salaires pourra certes plaire dans certains milieux financiers. Pour autant, cette ligne politique et ce discours social sont d’une arrogante aridité pour des millions de Français sans emplois ou en situation économique précaire. Pour les plus fragilisés d’entre eux, ces perspectives ne sont dans le fond qu’une source de crainte et de désespoir et, dans la forme, qu’une insulte révoltante.

En substance, les pauvres illétré(e)s invités par un jeune ex-banquier devenu Ministre à voyager en autocar, voilà qui raisonne comme les ultimes propos de cour sur les croissants tenus par une Marie Antoinette.

D’aucuns pourront considérer ce billet empreint de quelques accents populistes, il n’en est rien.

Et, pour rester dans un même registre d’expression, ces déclarations récentes et successives claquent comme un gant jeté avec mépris au visage de millions de gens réellement inquiets et tout simplement malheureux.

Ce ne sont pas des erreurs mais bien des fautes au point qu’elles ont été suivies de tentatives d’explications maladroites qui – elles – avaient bien des accents d’excuses et on ne s’excuse que de ses offenses.

A ce stade du quinquennat et avec la constante dégradation de la situation du pays depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes – ce n’est pas tout de vouloir faire croire aux Français qu’on essaie enfin d’apprendre à compter … encore faut-il leur prouver que l’on sait encore leur parler … et avec respect.

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lundi 29 septembre 2014

Sénatoriales 2014; et Lyon dans tout ça ?

Se_nat.png Amplificatrice des élections municipales, les élections sénatoriales viennent de confirmer la poursuite de la déroute de la gauche française et infligent un nouveau camouflet à François Hollande.

S’il fut ensoleillé et quasi estival pour les Français, ce dernier dimanche de septembre est donc une nouvelle douche froide pour l’actuel Président de la république.

Même si une bascule de la Haute Assemblée à droite n’empêchera pas les socialistes de continuer leur politique, elle compliquera néanmoins l’adoption de certaines lois organiques et rendra toute modification de la constitution quasi impossible sauf à recourir au referendum.

On imagine aisément ce que donnerait – par exemple – comme il en avait réaffirmé l’engagement lors de son interview du 14 juillet dernier ; un referendum proposé par François Hollande sur le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections locales ou l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives de 2017.

Si cette élection au suffrage indirect n’enflamme guère la passion politique des Français, elle aura néanmoins eu pour conséquence de voir entrer deux élus d’extrême droite dans cette Haute Assemblée, ce qui est à la fois une première sous la Vème. République et également une bien mauvaise nouvelle.

Sur le plan local, dans le département du Rhône ; la droite tire remarquablement son épingle du jeu.

4 sénateurs UMP envoyés au Palais du Luxembourg marquent un succès évident et traduisent une parfaite mobilisation des grands électeurs de l’ensemble du département qui ont à la fois :

- doublé la représentation de droite ,

- sanctionné localement – non pas l’UDI – mais un de ses pontes historiques aux alliances floues et incertaines dont cette élection semble marquer un bien triste chant du cygne.

Comme indiqué en début de commentaire, les sénatoriales amplifient les municipales.

Le casting victorieux des Sénateurs UMP élus ce dimanche, dans le Rhône personnifie le reflet numérique des grands électeurs issus des municipales de mars dont la vague bleue n’a pas pénétré Lyon.

Reflet numérique mais qui n’est pas le réel reflet politique.

De ce point de vue, les Lyonnais seront représentés au Sénat par un socialiste alors qu’aux élections européennes de juin – dernière consultation nationale – les voix UMP exprimées à l’intérieur des 9 arrondissements de Lyon pèsent :

- plus d’un quart du score de l’UMP du Rhône,

- près des deux tiers du score l’UMP de la Communauté Urbaine.

Cette réalité politique n’a pas été prise en compte dans la désignation des candidats éligibles, c’est presque de « bonne guerre » mais ce n’est pas une aide apportée à un renforcement de la droite locale.

Cela lui rappelle surtout que les conditions de son succès politique aux prochaines élections municipales et communautaires passeront par le fait de prendre rapidement en main – indépendamment des réorganisations nationales à venir – une refondation de l’UMP sur des bases lyonnaises .

Refondation qu’elle est tout à fait capable de conduire avec ses objectifs, ses talents et ses propres équilibres et ainsi contribuer à s’extraire de la zone d’échec municipal dans laquelle elle se trouve depuis treize ans.

UMP locale dont la tâche sera de prioritairement préparer les prochaines élections législatives dont il n’est pas exclu que le calendrier soit anticipé. Législatives où elle retrouvera sa représentativité et compensera très vite cet effacement sénatorial.

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samedi 20 septembre 2014

"IL" est revenu !

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« Il revient ! ». Tel était le titre d’un billet sur ce même blog le 7 juin dernier.

3 mois plus tard, les faits confirment cette annonce.

Une longue déclaration d’intention sur sa page Facebook ce vendredi qui est suivie de l’annonce de la nomination de son chef de guerre Frédéric Péchenard. Et ce dimanche soir, le JT de France 2 pour « incarner » cette première étape de l’offensive et enfin un premier meeting dès jeudi dans le nord de la France, terre symbolique et historique tant de déchéance de la gauche que de prolifération d’une extrême droite jadis populiste devenue populaire.

Ce timing soutenu sert trois objectifs à la fois ;

- mettre immédiatement en orbite une posture présidentielle alternative à un Président en fonction qui ne « tient pas la place »,

- satelliser – dès le démarrage – des rivaux de moins en moins menaçants dans la seule séquence qui soit pourtant réellement d’actualité à savoir la conquête de l’UMP fin novembre, UMP même pas citée dans la déclaration sur Facebook,

- se réapproprier un capital d’intentions de vote de façon à supplanter la temporaire position de force du Front National et déporter et accentuer à gauche les interrogations et divisions sur l’occurrence d’une absence du second tour des présidentielles.

L’atteinte du premier objectif est acquise avant même le début de la manœuvre, la désagrégation politique de François Hollande s’étant engagée et accélérée d’elle-même sans réel « concours » de l’opposition.

Le deuxième objectif est en passe d’être réussi. Sa déclaration d’intention est audacieuse, ouverte et placée volontairement sous l’angle d’un grand rassemblement. C’est d’avantage un discours de primaire pour 2017 qu’une « Blitz Krieg » pour la présidence de l’UMP mais cette ouverture à un scope plus élargi est tactiquement adaptée à la situation :

- cela recadre les enjeux au delà de guéguerres claniques dans un espace trop partisan,

- cela permet d’anticiper des élargissements après novembre,

- cela pourra – de ci de là – justifier à bon compte, quelques retours dociles dans le rang de quelques brebis égarées entre l’UMP et la galaxie des partis des différents centres

- en outre, cela permettra d'offrir une ultime session de rattrapage aux moins courageux de ses "ex-amis" de l' UMP.

Ainsi transcendée, l’UMP aura été « ravie » avant même d’être conquise.

Le troisième objectif sera en fait quand à lui ; le réel indicateur de la réussite de l’offensive.

« Mécaniquement » le retour de Nicolas Sarkozy devrait avoir comme effet paradoxal de faire un peu remonter François Hollande dans les sondages qui inspire un rejet d’une telle force qu’il « aimante » tous les mécontentements donc – jusqu’ à présent - y compris celui d’une droite affaiblie et divisée.

Pour autant, passé ce court effet collatéral « non désiré », l’enjeu est bien de distancer vite et fort l’extrême droite dès le prochain scrutin direct des régionales, élection qui n’est traditionnellement pas des plus évidente à piloter face à au FN.

C’est là que se mesurera l’effet du retour de Nicolas Sarkozy.

La feuille de route qui est tracée semble assez claire :

- réformer et donner plus d’ampleur à l’UMP quel que soit le nom de cette formation à l’avenir,

- réaffirmer certains fondamentaux,

- renouveler les idées et les équipes,

- s’appuyer sur la robustesse de certains de piliers politiques historiques,

- assembler tous les talents – anciens et à venir – nécessaires à la réussite plutôt que recycler des « matériaux » qui ont conduit à l’échec.

C’est donc comme annoncé Nicolas Sarkozy qui reprend la main, génère le mouvement et la vitesse.

Comme l’aurait dit un des patrons intérimaires de l’UMP : non seulement la route semble droite mais en plus la pente est forte.

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